EVACUATION DE L'EGYPTE.
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avait apporté les quatre mille soldats d’élite qui se trouvaientà bord de ses vaisseaux.
Le général Friant, dans le dénûment où il était, se bornaith demander deux bataillons de plus, et un régiment de cava-lerie. Far le fait, cette force eût suffi, mais il était bien témé-raire, dans une telle conjoncture, de se confier en un renfortd'un millier d’hommes. 11 faut le dire, la confiance de l’arméeen elle-même contribua beaucoup à la perdre. Elle avait prisl’habitude de se battre en Égypte, un contre quatre, quelque-fois un contre huit, et elle ne se faisait pas une idée exactedes moyens des Anglais, en fait de débarquement. Elle croyaitqu’ils ne pourraient jamais descendre à terre plus de quel-ques centaines d’hommes à la fois, sans artillerie et sans cava-lerie , et elle imaginait qu’elle en viendrait facilement à boutavec ses baïonnettes. C’était une fatale illusion. Néanmoinsce renfort demandé par Friant, ce renfort, quelque faible qu’ilfût, aurait tout sauvé; on va en juger par les événements.
Le 28 février 1801 (9 ventôse an ix), on aperçut, non loind’Alexandrie, un canot anglais, qui semblait occupé à faireune reconnaissance. On mit des chaloupes à sa poursuite, onle prit ainsi que les officiers qu’il contenait, et qui étaientchargés de préparer le débarquement. Les notes trouvées sureux ne laissèrent plus aucun doute. Immédiatement après, laflotte anglaise, composée de 70 voiles, parut en vue d’Alexandrie ;mais, écartée par un gros temps, elle prit le large. La for-tune laissait encore une chance pour préserver l’Égypte desAnglais, car il était probable que leur descente à terre neserait pas exécutée avant plusieurs jours. La nouvelle trans-mise par Friant au Kaire, y arriva le 4 mars (13 ventôse),dans l’après-midi. Si Menou avait pris sur-le-champ une ré-solution prompte et sensée, tout pouvait être réparé. S’ilavait fait refluer l’armée entière vers Alexandrie, la cavaleriey serait arrivée en quatre jours, l’infanterie en cinq, c’est-à-dire que le 8 et le 9 mars (17 et 18 ventôse), on aurait pu
Awil 1801.
IVouvellecertaine du de-barquement pro-chain,
par un canot faitprisonnier.