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[Vol. 2.]
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ÉVACUATION DE L'ÉGYPTE.

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liait tout au plus 5 mille. On n’avait donc pas 10 mille hom- Avril îæi.mes à opposer à 18 mille, établis dans une position retran-chée. Toutes les chances qu’on aurait eues pour soi, à la pre-mière, même à la seconde affaire, on les avait maintenantcontre. Cependant la résolution la plus naturelle était decombattre. Après avoir, en effet, essayé de rejeter les An-glais à la mer, d’abord avec 1,500 hommes, puis avec 5 mille,il eût été extraordinaire de ne pas le tenter, quand on en avait10 mille, lesquels étaient à peu près tout ce qu’on pouvaitréunir sur un même point.

Il ne faut pas méconnaître qu’il y aurait eu un autre parti Deux partis à

prendre: com-

a prendre, meilleur surtout si on Pavait pris après le débar- battre ou tem-

1 1 portser.

queraeut, et avant l’inutile combat livré par les généraux La-nusse et Friant : c’était de laisser les Anglais dans l’impassequ’ils occupaient; de faire rapidement autour d’Alexandriedes travaux, qui en rendissent l’attaque difficile ; d’en confierla garde aux marins, aux hommes des dépôts, renforcés parun corps de 2 mille bons soldats, tirés des troupes actives;d’évacuer ensuite tous les postes, excepté le Kaire, où l’onaurait laissé 3 mille hommes de garnison, ayant pour réduitla citadelle; puis, de tenir la campagne avec le reste de l’ar-mée, c’est-à-dire avec 9 à 10 mille hommes, dans le but dese jeter ou sur les Turcs, s’ils pénétraient parla Syrie, ousur les Anglais, s’ils voulaient faire un pas dans l’intérieur,par les digues étroites qui traversent la Basse-Égypte. Onavait sur eux l’avantage de réunir toutes les armes, cavalerie,artillerie, infanterie, et d’avoir la jouissance exclusive desvivres du pays. On les eût bloqués, et probablement con-traints à se rembarquer. Mais, pour cela, il aurait fallu ungénéral autrement habile que Menou, autrement versé qu’ilne l’était, dans l’art de remuer des troupes. Il aurait fallu en-fin un chef différent de celui qui, ayant toutes les chances ensa faveur au début de la campagne, s’était comporté de tellefaçon, qu’il les avait maintenant toutes contre lui.

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