06
LIVRE X.
Avril 1801. Cependant, combattre les Anglais débarqués, était dans lemoment une résolution naturelle, conséquente avec tout cequ’on avait fait, depuis l’ouverture de la campagne. Mais, unefois résolu à tenter un effort décisif, il fallait le tenter le plustôt possible, pour ne pas donner aux Turcs venant de la Sy-rie le temps de nous serrer de trop près.
Pour livrer bataille, il était nécessaire de convenir d’unplan. Menou était incapable de le concevoir, et il ne se trou-vait plus avec ses généraux dans des rapports, qui lui ren-dissent facile le recours à leurs conseils. Néanmoins le chefd’état-major Lagrange demanda un plan à Lanusse et à Rey-nier , qui le rédigèrent en commun, et l’envoyèrent à l’ap-probation de Menou. Celui-ci l’adopta presque machina-lement.
î-osition Les deux armées étaient en présence, occupant ce banc de
des deux arme'es
en avant sable, larce d’une lieue. Ion" de quinze ou dix-huit, sur le-quel les Anglais avaient pris terre. (Voir la carte n" 18 , et leplan particulier du champ de bataille de Canope.) L’arméefrançaise était en avant d’Alexandrie, sur un terrain assezélevé. Devant elle s’étendait une plaine sablonneuse, et, çàet là des dunes, que l’ennemi avait soigneusement retranchées,de manière à former une chaîne continue de positions de lamer au lac Maréotis. A notre gauche, tout juste contre la mer,on voyait un vieux camp romain, espèce d’édifice carré, en-core intact, et, un peu en avant de ce camp, un monticule desable, sur lequel les Anglais avaient construit un ouvrage.C’est là qu’ils avaient établi leur droite, sous le double feude cet ouvrage, et d’une division de chaloupes canonnières.Au milieu du champ de bataille, à distance égale de la mer etdu lac Maréotis, se trouvait un autre monticule de sable, plusélevé, plus étendu que le précédent, et couronné de retran-chements. Les Anglais en avaient fait l’appui de leur centre.Tout à fait à notre droite enfin, du côté des lacs, le terrain ens’abaissant, allait aboutir à la tête de la digue, pour laquelle