ÉVACUATION DE L'ÉGYPTE.
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mille hommes de pareilles troupes, voulant se bien défendre, Mai îæiavaient encore des chances de succès. Mais le chef d’état-major de Menou, quoique fort dévoué aux idées de son géné-ral, et à la conservation de la colonie, ne jugeant pas la por-tée de cette retraite, abandonna Ramanieh le 10 mai (20 flo-réal) au soir, pour se retirer sur le Kaire. Il y arriva le 14 aumalin (24 floréal). Il avait perdu à Ramanieh un convoi d’uneimmense valeur, et, ce qui était plus grave, les communica-tions de l’armée.
A partir de ce jour, plus rien en Égypte ne fut digne decritique, ou même d’intérét. Les hommes y descendirentbientôt avec la fortune, au-dessous d’eux-mémes. Ce fut par-tout la plus honteuse faiblesse, avec la plus déplorable inca-pacité. Et, quand nous parlons des hommes, c’est des chefsseuls que nous entendons parler; car les soldats et les sim-ples officiers, toujours admirables en présence de l’ennemi,étaient prêts à mourir jusqu’au dernier. On ne les vit pasmanquer une seule fois à leur ancienne gloire.
Au Kaire comme à Alexandrie il ne restait plus rien à faire,si ce n’est de capituler. Il n’y avait d’autre mérite à déployerque de retarder la capitulation ; mais c’est quelque chose quede retarder une capitulation. On semble en apparence ne dé-fendre que son honneur, et souvent, en réalité, on sauve sonpays! Masséna, en prolongeant la défense de Gênes, avaitrendu possible la victoire de Marengo. Les généraux qui oc-cupaient le Kaire et Alexandrie, en faisant durer une résistancesans espoir, pouvaient seconder encore très-utilement les gra-ves négociations de la France avec l’Angleterre. Ils ne le sa-vaient pas, il est vrai; c’est pourquoi, dans l’ignorance desservices qu’on peut rendre en prolongeant une défense, il fautécouter la voix de l’honneur qui commande de résister jus-qu’à la dernière extrémité. De ces deux généraux bloqués,le plus malheureux, car il avait commis le plus de fautes, Me-nou, en s’obstinant à retarder la reddition d’Alexandrie, fut