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[Vol. 2.]
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LIVRE X.

Mai 1801.

Le gtfm/rallielliarïl renferméan Kaire. —Deliberation surle parti ^prendre.

Inutilo sortiedu Kairepour repousserle visir.

encore utile, comme on va le voir, aux intérêts de la France.Ce fut plus tard sa consolation, ce fut son excuse auprès duPremier Consul.

Lorsque les troupes détachées à Ramanieh rentrèrent dansle Kaire, il y eut à délibérer sur la conduite à suivre. Le gé-néral Belliard était, par son grade, le commandant en chef.C’était un esprit avisé, mais plus avisé que résolu. Il convo-qua un conseil de guerre. Il restait environ 7 mille hommesde troupes actives, plus 5 à G mille individus malades, bles-sés, et employés de l’armée. La peste sévissait ; on avait peud’argent et de vivres, et une ville, d’un immense circuit, à dé-fendre. Sept mille hommes étaient insuffisants pour garderce circuit. L’enceinte n’était nulle part faite pour résister àl’art des ingénieurs européens. La citadelle présentait, il estvrai, un réduit, mais insuffisant pour recevoir 12 mille Fran-çais, et ne pouvant tenir contre le gros canon des Anglais.Un tel poste était bon uniquement, pour s’abriter contre lapopulace du Kaire. 11 n’y avait évidemment que deux chosesà faire : ou d’essayer, par une marche hardie, de descendredans la Basse-Egypte, d’y surprendre le passage du Nil, et derejoindre Menou vers Alexandrie, ou bien de se retirer h Da-miette, ce qui était plus sûr, plus facile, surtout à cause de lamultitude qu’on était obligé de traîner après soi. On devaitse trouver là, au milieu de lagunes, qui ne communiquaientavec le Delta, que par des langues de terre fort étroites, etque sept mille soldats de l’armée d’Égypte, suffisaient à dé-fendre bien long-temps, contre un ennemi deux ou trois foissupérieur. On était assuré de vivre dans une grande aban-dance de toutes choses, car la province était couverte de bes-tiaux, la ville de Damiette regorgeait de grains, et le lac Men-zaleli abondait en poissons les meilleurs, les plus propres àla nourriture des troupes. Puisqu’il ne s’agissait plus que decapituler, Damiette permettait de retarder de six mois oumoins ce triste résultat. L’oflicier du génie d’Hautpoul pro-