ÉVACUATION DE L'ÉGYPTE.
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posa cette sage résolution; mais, pour la suivre, il fallait Mai isoiprendre un parti difficile, celui d’évacuer le Kaire. Le généralllelliard, qui fut capable quelques jours après de rendre cetteville aux ennemis, par une déplorable capitulation, ne le futpoint ce jour-là de l’évacuer volontairement, en conséquenced’une résolution militaire, forte et habile. 11 se décida donc àrester dans cette capitale de l’Égypte, sans savoir ce qu’il al-lait y faire. Par la rive gauche du Nil, les Anglais et les Turcsremontaient de Ramanieh au Kaire; par la rive droite, legrand-visir, suivi de 25 à 30 mille hommes, ramassis de mau-vaises troupes orientales, venait du côté de la Syrie, et s’avan-çait aussi sur le Kaire par la route de Belbel's. Le général Bel-liard, se souvenant des trophées d’IIéliopolis, voulut marcherau-devant du visir, par la route qu’avait suivie Kléber. Ilsortit à la tète de 6 mille hommes, et s’avança jusqu’à la hau-teur d’Elmenaïr, à peu près la valeur de deux marches. En-veloppé souvent par une nuée de cavaliers, il envoyait aprèseux son artillerie légère, qui, çà et là, en atteignait quelques-uns avec ses boulets. Mais c’était le seul résultat qu’il put ob-tenir. Les Turcs, bien dirigés cette fois, ne voulaient pas ac-cepter une bataille d’IIéliopolis. 11 n’y avait qu’une manièrede les joindre, c’était d’aller prendre leur camp à Belbeïs.
Mais le général Belliard, accueilli devant tous les villages pardes coups de fusil, voyait à chaque pas augmenter le nombrede ses blessés, et s’agrandir la distance qui le séparait duKaire. Il craignait que les Anglais et les Turcs n’y entrassenten son absence. Il aurait fallu prévoir ce danger avantd’en sortir, et se demander si on aurait le temps de fairele trajet de Belbeïs. Sorti du Kaire sans savoir ce qu’ilferait, le général Belliard y rentra de même, après uneopération sans résultat, et qui le fit passer pour vaincuaux yeux de toute la population. A l’imitation des peu-ples récemment soumis, les Égyptiens tournaient avec lafortune, et, quoique n’étant pas mécontents des Français, ils