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[Vol. 2.]
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LIVRE X,

Août 1801. résolution de mourir plutôt que de se rendre, elle était prête,s’il le fallait, à se battre à outrance, mais elle ne croyait plusguère à cotte nécessité. Elle comprenait trop bien les conséquences de ce qui s’était passé au Kaire, pour ne pas entre-voir une capitulation prochaine ; et dans Alexandrie commeau Kaire, elle se consolait de ses revers, par l’espoir de revoirbientôt la France.

A compter de ce jour, plus rien d’important ne signala laprésence des Français en Égypte, et l’expédition fut en quel-que sorte terminée. Admirée comme un prodige d’audace etd’habileté par les uns, cette expédition a été considérée commeune brillante chimère par les autres, par ceux notamment quiaffectent de peser toutes choses, dans les balances d’une froideraison.

Ce dernier jugement, avec les apparences do la sagesse, estau fond peu sensé et peu juste.

Napoléon, dans sa longue et prodigieuse carrière, n’a rienimaginé qui fût plus grand, et qui pût être plus véritablementutile. Sans doute, si on songe que nous n’avons pas mêmeconservé le Rhin et les Alpes, on doit se dire que l’Égypte,l’eussions-nous occupée quinze ans, nous aurait été plus tardenlevée, comme nos frontières continentales, comme cette an-tique et belle possession de l’île de France, que nous ne de-vions pas aux guerres de la Révolution. Mais «à juger ainsi leschoses, on pourrait aller jusqu’à se demander, si la conquêtede la ligne du Rhin, n’était pas elle-même une folie et unechimère. 11 faut, pour juger sainement une telle question, ilfaut supposer un instant nos longues guerres, autrement ter-minées qu’elles ne l’ont été, et se demander si, dans ce cas,la possession de l’Égypte était possible, désirable, et d’unegrande conséquence. A la question ainsi posée, la réponse nesaurait être douteuse. D’abord l’Angleterre était presque ré-signée en 1801 à nous concéder l’Égypte, moyennant descompensations. Ces compensations qu’on avait fait connaître