ÉVACUATION DE L’ÉGYPTE.
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à notre négociateur, n’avaient rien d’exorbitant. Il est hors Août îaoi.de doute, que, pendant la paix maritime qui suivit, et dontnous ferons bientôt connaître la conclusion, le Premier Consul,prévoyant la brièveté de cette paix, eût envoyé aux bouchesdu Nil d’immenses ressources, en hommes et en matériel, etque la belle armée expédiée à Saint-Domingue, où l’on allachercher un dédommagement de l’Égypte perdue, aurait mispour long-temps notre nouvel établissement à l’abri de touteattaque. Un général comme Decaen, ou Saint-Cyr, joignant àl’expérience de la guerre l’art d’administrer, ayant outre lesvingt-deux mille hommes qui restaient en Égypte de la pre-mière expédition, les trente mille qui périrent inutilement àSaint-Domingue, placé avec cinquante mille Français et unimmense matériel, sous un climat parfaitement sain, sur unsol d’une fertilité inépuisable, cultivé par des paysans soumisà tous les maîtres, et n’ayant jamais leur fusil à côté de leurcharrue, un général disons-nous, comme Decaen ou Saint-Cyr,aurait pu avec de tels moyens, défendre victorieusement l’É-gypte, et y fonder une superbe colonie.
Le succès était incontestablement possible. Nous ajouteronsque, dans la lutte maritime et commerciale, que soutenaientl’une contre l’autre, la France et l’Angletei're, la tentative étaiten quelque sorte commandée. L’Angleterre venait, en effet,de conquérir le Continent des Indes, et de se donner ainsi lasuprématie dans les mers de l’Orient. La France jusque-là sarivale, pouvait-elle céder sans la disputer, une semblable su-prématie ? Ne devait-elle pas à sa gloire, à sa destinée de lut-ter? Les politiques ne peuvent pas répondre ici autrementque les patriotes. Oui, il fallait qu’elle essayât de lutter dansces régions de l’Orient, vaste champ de l’ambition des peu-ples maritimes, et qu’elle essayât d’y faire une acquisition,qui pût contrebalancer celles des Anglais. Cette vérité ad-mise , qu’on cherche sur le globe, et qu’on nous dise, s’il yavait une acquisition mieux adaptée, que l’Egypte au but qu'on