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LIVRE X.
Août 1801. se proposait? Elle valait en elle-même les plus belles con-trées, elle touchait aux plus riches, aux plus fécondes, à cellesqui fournissent la plus ample matière au négoce lointain. Elleramenait dans la Méditerranée, qui était notre mer alors, lecommerce de l’Orient ; elle était, en un mot, un équivalent del’Inde, et en tout cas elle en était la route. La conquête del’Égypte était donc pour la France, pour l’indépendance desmers, pour la civilisation générale, un service immense. Aussicomme on pourra le voir ailleurs, notre succès fut-il souhaitéplus d’une fois en Europe, dans ces courts intervalles de tempsoù la haine ne troublait pas l’esprit des cabinets. Pour un telbut, il valait la peine de perdre une armée, et non pas seule-ment celle qu’on envoya la première fois en Égypte, mais cel-les qu’on envoya depuis périr inutilement à Saint-Domigue,dans les Calabres et en Espagne. Plût au ciel que, dans lesélans de sa vaste imagination, Napoléon n’eût rien conçu deplus téméraire 1
UN DU LIVRE DIXIÈME.