Band 
[Vol. 2.]
Seite
94
JPEG-Download
 

91

LIVRE XI.

Juillet i«ii. vivacité aux cris de Vive la République! Vive le Premier Consul!L’amiral Linois qui était à bord du Formidable, montrant àpropos le travers au Pompée, qui ne lui présentait que l’avant,avait réussi à le démiUer, et à le mettre à peu près hors decombat. Profitant en môme temps du changement de la brise,qui avait passé à l’est, et portait sur Algésiras, il avait faitsignal à ses capitaines de couper leurs câbles, et de se laisseréchouer, de manière à ne pas permettre aux Anglais de pas-ser entre nous et la côte, et de nous mettre entre deux feux,comme autrefois Nelson avait fait à la bataille d’Aboukir. Cetéchouage ne pouvait pas avoir de grands inconvénients pourla sûreté des bâtiments français, car on était à la marée basse,et â la marée haute ils étaient certains de se relever facilement.Cet ordre, donné à propos, sauva la division. Le Formidable,après avoir mis le Pompée hors de combat, vint s’échouer sanssecousse, car la brise en tournant avait faibli. Se dérobantainsi au danger dont le menaçait VHannibal, il acquit à l’égardde celui-ci une position redoutable. En effet, VHannibal, envoulant exécuter sa manœuvre, avait échoué lui-méme, et ilétait immobile sous le double feu du Formidable et de la batterieSaint-Jacques. Dans cette situation périlleuse, VHannibal faiteffort pour se relever; mais, la marée baissant, il se trouveirrévocablement fixé â sa position. Il reçoit de tous côtés d’é-pouvantables décharges d’artillerie,- tant de la terre que duFormidable, et des canonnières espagnoles. Il coule une oudeux de ces canonnières, mais il essuie plus de feux qu’ilne peut en rendre. L’amiral Linois, ne jugeant pas que la bat-terie Saint-Jacques fût assez bien servie, débarque le généralDevaux avec un détachement des troupes françaises qu’il avaitâ bord. Le feu de cette batterie redouble alors, et VHannibalest accablé. Mais un nouvel adversaire vient achever sa dé-faite. Le second vaisseau français, le Desaix, qui était placéaprès le Formidable, obéissant à l’ordre de se jeter à la côte,et ayant, à cause de la faiblesse de la brise, exécuté lentement