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LIVRE XI.
Juillet 1801.
Nouvellepropositionde lordHavvkeshuryà M. Otto.
par sa présence leur nationalité, et surtout l’absence de toutecontrebande à leur bord, pussent être visités. La dignité dupavillon militaire n’admettait pas en effet qu’un capitaine devaisseau, peut-être un amiral, pussent être arrêtés par uncorsaire, pourvu d’une simple lettre de marque. Le cabinetrusse crut sauver la dignité du pavillon au moyen d’une dis-tinction. Il fut décidé que le droit de visite, à l’égard desbâtiments de commerce convoyés, ne s’exercerait plus partous les navires indistinctement, mais par les navires de guerreseuls. Un corsaire muni d’une simple lettre de marque n’avaitpas le droit d’arrêter et d’interpeller un convoi, escorté par unvaisseau de guerre. Le droit de visite ne pouvait plus, par con-séquent, s’exercer que d’égal à égal. Sans doute par ce moyenune partie de l’inconvenance était évitée, mais le fond duprincipe était sacrifié, et la chose était d’autant moins hono-rable pour la cour de Saint-Pétersbourg, que c’était celui desquatre principes contestés, pour lequel Copenhague venaitd’être bombardé trois mois auparavant, et pour lequelPaul I er avait voulu soulever toute l’Europe contre l’Angleterre.
Ainsi la Russie avait fait prévaloir deux des grands princi-pes du droit maritime, et en avait sacrifié deux; Mais l’An-gleterre , il faut le reconnaître, avait fait des concessions, et,dans son désir d’obtenir la paix, s’était désistée d’une partiedes orgueilleuses prétentions de M. Pitt. Les Danois, les Sué-dois, les Prussiens étaient invités à adhérer à cette con-vention.
Délivrée de la Russie, ayant obtenu un premier succès enÉgypte, l’Angleterre ne voulait tirer de cette amélioration desituation qu’une paix plus prompte avec la France. Lord Haw-kesbury fit appeler M. Otto au Foreign-Office, et le chargea deprésenter au Premier Consul la proposition suivante. L’Égypteest en ce moment envahie par nos troupes, lui dit-il; de grandssecours doivent leur arriver; leur succès est probable. Cepen-dant la lutte n’est pas terminée, nous l’avouons. Faisons ces-