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LIVRE XI.
Juillet 1801. clés au Moniteur, qui s’adressaient au public européen tout
Articles insères entier. Dans ces articles, modèles de polémique nette et près-
dans le Moniteur
»u sujet de cette santé, qui étaient écrits par lui, et dévorés par les lecteurs
négociation. x ' 1
de toutes les nations attentives à cette scène singulière, il ca-ressait les ministres anglais actuels, les présentait comme deshommes sages, raisonnables, bien intentionnés, mais intimidéspar les violences des ministres déchus, M. Pitt, et surtout M.Windham. C’est particulièrement sur ce dernier qu’il jetaitles sarcasmes à pleine main, parce qu’il le considérait commele chef du parti de la guerre. Dans ces articles, il cherchaità rassurer l’Europe sur l’ambition de la France; il s’attachaità montrer que ses conquêtes étaient à peine un équivalent desacquisitions que la Prusse, l’Autriche et la Russie avaient faiteslors du partage de la Pologne ; que cependant elle avait rendutrois ou quatre fois plus de territoire qu’elle n’en avait retenu ;que l’Angleterre, en retour, devait restituer une grande partiede ses conquêtes; qu’en gardant le Continent de l’Inde ellerestait en possession d’un empire superbe, auprès duquel lesîles contestées n’étaient rien ; qu’il ne valait pas la peine pources iles de verser plus long - temps le sang des hommes ; quesi la France, à la vérité, semblait y tenir si fortement, c’étaitpar honneur, pour défendre ses alliés, pour garder tout auplus quelques relâches dans les mers lointaines ; que, du reste,si on voulait continuer la guerre, l’Angleterre pourrait bien,sans doute, conquérir encore d’autres colonies, mais qu’elleen avait déjà plus qu’il n’en fallait à son commerce; que laFrance avait, tout autour de ses frontières, des acquisitionsbien autrement précieuses à faire, entrevues par tout le mondesans les désigner, puisque ses troupes occupaient la Hollande,la Suisse, le Piémont, Naples, le Portugal; et qu’enfm on pour-rait encore simplifier la lutte, la rendre moins onéreuse auxnations, en la réduisant à un combat corps à corps, entre laFrance et l’Angleterre. Le général écrivain se gardait deblesser l’orgueil britannique ; mais il faisait entendre qu’une