Band 
[Vol. 2.]
Seite
119
JPEG-Download
 

PAIX GÉNÉRALE.

119

descente serait enfin sa dernière ressource, et que si les mini-stres anglais voulaient que la guerre finît par la destructionde l’une des deux nations, il n’y avait pas un Français qui nefût disposé à faire un dernier et vigoureux effort, pour vidercette longue querelle, à l'éternelle gloire, à l’éternel profit dela France. Mais pourquoi, disait-il, placer la question dansces termes extrêmes ? pourquoi ne pas mettre fin aux mauxde l’humanité ? pourquoi risquer ainsi le sort de deux grandspeuples? — Le Premier Consul terminait l’une de ces allocu-tions, par ces paroles si singulières et si belles, qui devaientavoir un jour une si triste application à lui-même: «Heu-« reuses, s’écriait-il, heureuses les nations, lorsqu’arrivées à« un haut point de prospérité, elles ont des gouvernements« sages, qui n’exposent pas tant d’avantages aux caprices et« aux vicissitudes d’un seul coup de la fortune! »

Ces articles, remarquables par une logique vigoureuse, parun style passionné, attiraient l’attention générale, et produi-saient sur les esprits une sensation profonde. Jamais gouver-nement n’avait tenu ce langage ouvert et saisissant.

Le langage du Premier Consul, accompagné de démonstra-tions très-sérieuses sur les côtes de France, devait agir, et agiten effet beaucoup de l’autre côté de la Manche. La déclara-tion formelle que la France ne concéderait jamais Malte, avaitfait grande impression, et le gouvernement britannique répon-dit qu’il voulait bien y renoncer, à condition que cette île se-rait restituée à l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, maisqu’alors il demandait le Cap de Bonne-Espérance. Il renonçaitencore à la Trinité, même à la Martinique, s’il obtenait unepartie du Continent hollandais d’Amérique, c’est-à-dire De-merari, Berbice ou Essequibo.

C’était un pas dans la négociation que l’abandon de Malte.Le Premier Consul insista pour ne céder ni Malte, ni le Cap,ni les possession continentales des Hollandais en Amérique.A ses yeux, Malte n’avait dû être que la compensation de

Juillet 1801.

Le ministèreanglais renonceà l'île de Malte