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LIVRE XI.

Juillet 1801.

Le cabinetanglais réduitses prétentions,et ne demandeplus que- la Trinite'.

l’Égypte cédée aux Français: puisqu’il n’était plus questionde l’Égypte pour les Français, il ne devait plus être questionde Malte pour les Anglais, ni de semblables équivalents.

Le cabinet anglais cessa enfin d’insister sur Malte, et sur leCap, comme compensation de Malte. 11 se résuma, et demandaune des grandes Antilles; et, comme on n’osait plus parler del’ile française de la Martinique, il demanda File espagnole dela Trinité.

Le Premier Consul ne voulait pas plus céder la Trinité quela Martinique. C’était une colonie espagnole, qui procuraitaux Anglais un pied-à-terre dangereux sur le vaste Continentde l’Amérique du sud. Il poussa la loyauté envers l’alliée dela France, jusqu’à offrir la petite lie française de Tabago pourracheter la Trinité. Elle n’était pas très-importante, mais elleintéressait l’Angleterre, parce que tous les planteurs en étaientanglais. Avec un noble orgueil, qui n’est permis que lorsqu’ona comblé son pays de gloire et de grandeur, il ajouta: C’estmie colonie française; cette acquisition devra toucher l’orgueilbritannique, qui sera flatté d’obtenir Tune de nos dépouillescoloniales, et la conclusion de la paix en deviendra sans douteplus facile ‘.

1 Le ministre des relations extérieures à M. Otto, commissaire de laRépublique française à Londres.

20 thermidor an ix (8 août 1801).

.Quant à l’Amérique, aux observations péremptoires que contient la

note, je joins celles-ci.

Le gouvernement britannique demande à conserver dans les Antilles unedes lies qu’il y a nouvellement acquises, et cela sous le prétexte qu’elle seraitnécessaire à la conservation de ses anciennes possessions. Or, sous aucunrapport, cette convenance ne peut s’entendre de l’ile de la Trinité. Eloignezdonc toute discussion à cet égard. La Trinité serait, par sa position, non unmoyen de défense pour les colonies anglaises, mais un moyen d’attaque contrele Continent espagnol. L’acquisition serait d’ailleurs, pour le gouvernementbritannique, d’une importance et d’une valeur qui passeraient tonte mesure.La discussion ne peut porter que sur Curaçao, Tabago, Sainte-Lucie, ouquelque autre île de la même espèce. Quoique ces deux dernières soient fran-