Band 
[Vol. 2.]
Seite
130
JPEG-Download
 

130

LIVRE XI.

Août 1801.

IS't:lsoH

homhardo notreflottille pendantseize heures sanslui causer aucundommage.

à 500 toises de la côte, et à l’ancre. Elle se composait de gros ba-teaux canonniers, soutenus de distance en dislancepar des bricks.Trois bataillons d’infanterie étaient embarqués sur ces bâti-ments de toutes sortes, pour seconder la bravoure de nos marins.

Nelson rangea en avant de son escadrille une division debombardes, et commença le feu dès cinq heures du matin.Il espérait, en l’accablant de ses bombes, détruire notre flot-tille , ou l’obliger du moins à rentrer dans le port. 11 en fitdonc jeter une quantité infinie, et pendant toute la journée.Ces projectiles, lancés par de gros mortiers, passaient pour laplupart au delà de notre ligne, et allaient tomber sur la grève.Nos soldats et nos matelots, immobiles sous ce feu incessant,et du reste plus effrayant que meurtrier, montraient un sang-froid, une gaieté rares. Malheureusement ils n’avaient pasles moyens do riposter. Nos bombardes, construites à la hâte,ne pouvaient pas résister à l’ébranlement des mortiers, ettiraient à peine quelques coups mal dirigés. La poudre, prisedans les vieux approvisionnements de nos arsenaux, était sansforce; elle n’envoyait pas les projectiles à la distance néces-saire. Les équipages français demandaient qu’on se portât enavant, soit pour être à la portée du canon, soit afin de s’élan-cer à l’abordage. Mais nos bateaux canonniers, lourdementconstruits, et sans l’expérience qu’on acquit plus tard dansce genre de construction, n’étaient pas faciles à manoeuvrer,sous le vent du nord-est qui soufflait en ce moment. Ils au-raient été poussés par le vent et le courant sur la ligne an-glaise, et obligés, pour revenir à la côte, de lui montrer le tra-vers, ce qui les aurait laissés sans feux, car leurs canonsétaient placés à l’avant. Il fallut donc rester immobiles souscette pluie de projectiles, qui dura seize heures. Nos soldatsde terre et de mer, la supportant courageusement, regardaienten riant les bombes passer sur leurs tètes. Le brave com-mandant, Latouchc-Tréville, était au milieu d’eux avec le co-lonel Savary, aidc-dc-camp du Premier Consul. On leur jeta