PAIX GÉNÉRALE. 129
mité, quand on nu pourrait pas faire autrement, à moins d’ame-ner une rupture. Il lui ordonna d’insister encore pour faireaccepter en échange de la Trinité l’île française de Tabago.
Malheureusement l’étrange conduite du prince de la Paix avaitbeaucoup affaibli notre négociateur. Une nouvelle arrivée depuispeu, celle de la capitulation du général Belliard au Kaire, l’affai-blissait davantage encore. Toutefois, la persistance du généralMenou dans Alexandrie maintenait un dernier doute favorable ànos prétentions. C’était à notre flottille de Boulogne que devaitappartenir l’honneur de terminer toutes les difficultés de cettelongue négociation.
En Angleterre les esprits n’avaient cessé de se préoccu-per des préparatifs faits sur les côtes de la Manche. Pourles rassurer, l’Amirauté anglaise avait rappelé Nelson de laBaltique, et lui avait donné le commandement des forcesnavales placées dans ces parages. Ces forces se compo-saient de frégates, bricks, corvettes, bâtiments légers detoute dimension. L’esprit entreprenant du célèbre marin an-glais faisait espérer qu’il aurait bientôt détruit, par quelquecoup hardi, la flottille française. Le 4 août (16 thermidor), ilse présenta vers la pointe du jour devant la plage de Bou-logne, avec une trentaine de petits bâtiments. Son pavillonétait arboré sur la frégate ia Méduse. II prit position à 1,900toises de notre ligne, c’est-à-dire hors de la portée de notreartillerie, et seulement à la portée des gros mortiers. Sonintention était de bombarder notre flottille. Elle avait pourcommandant un brave marin, plein de génie naturel et d’ar-deur pour la guerre, et appelé, s’il avait vécu, aux plus bellesdestinées: c’était l’amiral Latouche-Tréville. II exerçait tousles jours nos chaloupes canonnières, il accoutumait nos sol-dats et nos marins à monter rapidement à bord des bâtiments,à en descendre de même, à manœuvrer ensemble, avec célé-rité et précision. Le 4, notre flottille était formée en trois di-visions, sur une seule ligne d’embossage parallèle au rivage,
TOM. ni. 9
Août 1801.
La questionde'cide'e par deuxcombats
de la flottille deBoulogne.
Ligne
d’embossagede notre flottilledevantBoulogne.