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[Vol. 2.]
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LIVRE XI.

Sept. 1801. imagina de rédiger des préliminaires de paix, et, tout de suiteaprès la signature de ces préliminaires, de charger des plé-nipotentiaires de rédiger à loisir un traité définitif. Toute dif-ficulté qui n’était pas fondamentale, et dont la solution entraî-nait des lenteurs, devait être renvoyée à ce traité définitif.Pour être plus certain d’en finir bientôt, le Premier Consulvoulut enfermer les négociateurs dans un délai déterminé. Onétait au milieu de septembre 1801 (fin de fructidor an ix); ilaccorda jusqu’au 2 octobre (10 vendémiaire an x). Après ceterme, il était décidé, disait-il, à profiter des brumes de l’au-tomne, pour exécuter ses projets contre les côtes d’Irlande etd’Angleterre. Tout cela fut dit avec les égards dus à une na-tion grande et fière, mais avec ce ton péremptoire qui nelaisse aucun doute.

Les deux négociateurs, M. Otto et lord Ilawkesbury, étaientd’honnêtes gens, et voulaient la paix. Us la voulaient pourelle-même, et aussi par l’ambition bien naturelle et bien légi-time, de placer leur nom au bas de l’un des plus grandstraités de l’histoire' du monde. Aussi toutes facilités compa-tibles avec leurs instructions, furent par eux apportées dansla rédaction des préliminaires.

Il fut convenu que l’Angleterre restituerait à la France et àses alliés, c’est-à-dire à l’Espagne et à la Hollande, toutes lesconquêtes maritimes qu’elle avait faites, à l’exception des îlesde Ceylan et de la Trinité, qui lui étaient définitivement ac-quises.

Telle avait été la forme admise pour concilier le juste amour-propre des deux nations. En définitive, l’Angleterre gardaitle Continent de l’Inde, qu’elle avait conquis sur les princes in-diens; l’ile de Ceylan, enlevée aux Hollandais, et appendicenécessaire de ce vaste Continent; enfin Plie de la Trinité, prisedans les Antilles sur les Espagnols. 11 y avait là de quoi sa-tisfaire la plus grande ambition nationale. Elle restituait leCap, Demerari, Berbice, Essequibo, Surinam, aux Hollandais ;