PAIX GÉNÉRALE.
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depuis, tâchons de nous rendre un moment l’ignorance de cetemps, pour en comprendre, pour en partager les vives etprofondes émotions.
Un léger doute restait encore à Londres, et troublait un peula joie anglaise, car les ratifications du Premier Consul n’é-taient pas arrivées, et on craignait quelque résolution sou-daine de ce caractère si prompt, si fier, si exigeant pour sanation. Ce doute était pénible ; mais tout à coup on apprendà Londres qu’un propre aide-de-camp du Premier Consul, unde ses compagnons d’armes, le colonel Lauriston, est des-cendu à l’hôtel de M. Otto, et qu’il apporte le traité ratifié.Dégagée du dernier doute qui la contenait encore, la joie n’aplus de bornes. On court chez M. Otto, on le trouve qui mon-tait en voiture avec le colonel Lauriston, pour se rendre chezlord Ilawkesbury, et faire l’échange des ratifications. Le peu-ple dételle les chevaux, et traîne ces deux Français chez lordHawkesbury.
De chez lord Hawkesbury les deux négociateurs devaientse rendre chez le premier ministre M. Addington, et ensuiteà l’Amirauté, chez lord Saint-Vincent. Le peuple s’obstine;on veut traîner la voiture d’un ministre chez un autre. Enfin,à l’hôtel de l’Amirauté, la foule était devenue telle, la confu-sion si étrange, que lord Saint-Vincent, craignant quelque ac-cident, se mit lui-môme à la tête du cortège, de peur que lavoiture ne fût renversée, et qu’un accident fâcheux ne fût lasuite involontaire de cette joie convulsive. Plusieurs jourss’écoulèrent en transports de ce genre, en témoignages d’uncontentement extraordinaire.
Un fait digne de remarque, c’est que, quelques heures aprèsla signature des préliminaires, il arriva un courrier d'Égypte,apportant la nouvelle de la reddition d’Alexandrie, laquelleavait eu lieu le 30 août 1801 (12 fructidor). — Ce courrier,dit lord Hawkesbury à M. Otto, nous est arrivé huit heuresaprès la signature du traité : tant mieux ! s’il fût arrivé plus
Octob. 1801.
Transportsdu peuple anglaisen recevantla nouvelle desratifications.
Le colonelLauriston traîne'en triomphe parle peuple, dansles ruesde Londres.
La nouvellede la redditiond’Alexandriearrive huit heuresaprès la signa-ture du traite.