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[Vol. 2.]
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CONCOKI) AT.

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ment doit regarder avec indifférence. Quand les sectes reli- Mars isot.gieuses n’ont d’autre conséquence que de pulluler sur un vastesol comme celui de l’Amérique, que de se succéder à l’in-fini , en ne laissant après elles que le souvenir passager d’in-ventions ridicules, ou de pratiques indécentes, on conçoit, jus-qu’à un certain point, que l’Etat demeure indifférent et inactif.

La société présente un triste aspect moral, mais l’ordre publicn’est pas sérieusement troublé. 11 n’en était pas ainsi, au mi-lieu de la vieille société française en 1801. On ne pouvait pas,sans un immense péril, livrer aux factions ennemies le gou-vernement des âmes. On ne pouvait pas laisser dans leursmains les torches de la guerre civile, avec faculté de les so-couer quand elles voudraient, sur la Vendée, sur la Bretagne,sur les Cévennes. On ne pouvait pas leur permettre detroubler le repos des familles, d’assiéger le lit des mourantspour extorquer des stipulations iniques, de mettre en doutele crédit de l’État, d’ébranler enfin toute une classe de pro-priétés, celles mêmes que la Révolution avait promis derendre à jamais inviolables.

La manière de penser du Premier Consul sur la constitu-tion des sociétés, était trop juste et trop profonde, pour qu’ilpût voir d’un œil indifférent les désordres religieux de laFrance à cette époque ; et il avait d’ailleurs, pour y porter lamain, des motifs plus élevés encore que ceux que nous ve-nons d’indiquer, s’il y en a de plus élevés que l’ordre publicet le repos des familles.

Il faut une croyance religieuse, il faut un culte à toute asso-'fîeiMirfl'une re-

* figion cIipz tous

ciation humaine. L’homme, jeté au milieu de cet univers, sans i les peuples,savoir d’où il vient, où il va, pourquoi il souffre, pourquoi même |il existe, quelle récompense ou quelle peine recevront les Ion- !gués agitations de sa vie; assiégé des contradictions de ses ]semblables, qui lui disent, les uns qu’il y a un Dieu, auteur |profond et conséquent de toutes choses, les autres qu’il n’y jen a pas; ceux-ci, qu’il y a un bien, un mal, qui doivent ser-