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[Vol. 2.]
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LIVRE XII.

Mars isoi. Monsignor Spina, rendu à Paris, avait ordre de gagner duSecret désir de temps, pour voir si le Premier Consul, maître de l’Italie, pou-

la Cour romaine 1

''Légations r J! s vant en disposer à volonté, n’aurait pas la bienheureuse penséedoutée désir est d (! rest ' tuer les Légations au Saint-Siège. Une parole qu’onla cause. trouvait fréquemment dans la bouche du Premier Consul, avaitfait naître plus d’espérance qu’il n’en voulait donner. Que leSaint-Père, disait-il souvent, s’en fie à moi, qu’il se jette dansmes bras, et je serai pour l’Eglise un nouveau Charlemagne. —S’il est un nouveau Charlemagne, répondaient ces prêtres peuinstruits des affaires du siècle, qu’il le prouve, en nous ren-dant le patrimoine de saint Pierre. — On était malheureuse-ment assez loin de compte, car le Premier Consul croyaitavoir beaucoup fait en rétablissant le Pape à Rome, en lui ren-dant avec son trône pontifical l’Etat romain, en offrant de trai-ter avec lui pour le rétablissement du culte catholique. Et eneffet, il avait beaucoup fait, vu l’état des esprits en France, vuleur état en Italie. Si les patriotes français, tout pleins encoredes idées du dix-huitième siècle, voyaient avec peu de satis-faction le prochain rétablissement de l’Eglise catholique, lespatriotes italiens voyaient avec désespoir relever chez eux legouvernement des prêtres. Il était donc impossible au Pre-mier Consul de pousser la complaisance jusqu’à rendre auSaint-Siège les Légations, qui ne pouvaient supporter le gou-vernement clérical, et qui étaient d’ailleurs une portion pro-mise de la République cisalpine. Mais la cour de Rome, setrouvant à la gêne depuis qu’elle avait été privée du revenude Rologne, de Ferrare, de la Romagne, raisonnait autrement.Du reste le Pape, qui, au milieu des pompes du Vatican, vi-vait en anachorète, songeait moins à cet intérêt terrestre que

romaine, en cas de rupture, devaient rester en France. Les lettres de mon-signor Spina et du cardinal Caprara, écrites en italien, sont un des monu-ments les pins curieux du temps, et donnent seules le secret des négociationsreligieuses de cette époque, secret encore fort mal connu aujourd'hui, mêmeaprès les divers ouvrages publiés sur cette matière.