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[Vol. 2.]
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LIVRE XII.

Mai 1801. avait pas autant dans son gouvernement ; qu’il était résolu àinterrompre une négociation trop peu sincère, et que lui, M.de Cacault, avait ordre de quitter Rome sous cinq jours, si leprojet de Concordat n’était pas adopté immédiatement, oun’était adopté qu’avec des modifications. M. de Cacault, eneffet, avait pour instruction de se retirer dans ce délai à Flo-rence , et d’attendre là que le Premier Consul lui fit connaîtreses volontés.

Cette dépêche parvint à Rome dans les derniers jours demai. Elle chagrina fort M. de Cacault, qui craignait, par lesnouvelles dont il était porteur, de troubler, peut-être de pous-ser à des résolutions deséspérées, le gouvernement romain,qui craignait surtout d’affliger un pontife pour lequel il n’avaitpu se défendre de concevoir un véritable attachement. Ce-pendant les ordres du Premier Consul étaient tellement abso-lus , qu’il n’y avait aucun moyen d’en éluder l’exécution. M.de Cacault se rendit donc auprès du Pape et du cardinal Con-salvi, leur montra ses instructions, qui leur causèrent à tousdeux une vive douleur. Le cardinal Consalvi en particulier,qui se voyait clairement désigné dans les dépêches du Pre-mier Consul, comme l’auteur des interminables délais de cettenégociation, se sentait mourir d’épouvante. Il avait peu detorts néanmoins, et les formes surannées de cette chancelle-rie , la plus vieille du monde, étaient la seule cause des len-teurs dont se plaignait le Premier Consul, au moins depuis quel’affaire était portée à Rome. M. de Cacault proposa au Papeet au cardinal Consalvi une idée, qui les surprit et les trou-bla d’abord, mais qui leur parut ensuite la seule voie desalut. — Vous ne voulez pas, leur dit-il, adopter le Concordatvenu de Paris, dans toutes ses expressions ; eh bien ! que lecardinal lui-même se rende en France, revêtu de vos pou-voirs. Il se fera connaître au Premier Consul, il lui inspireraconfiance ; il en obtiendra les changements de rédaction indis-pensables. Si quelque difficulté se rencontre, il sera là pour