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[Vol. 2.]
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CONCORDAT.

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rand à la Malmaison. Il leur déclara qu’il n’avait plus con- Mai isoifiance dans les dispositions de la cour de Rome; que chezelle le désir de ménager les émigrés l’emportait évidemmentsur le désir de se réconcilier avec la France, et l’intérôt departi sur l’intérêt de la religion ; qu’il n’entendait pas que l’onconsultât des cours ennemies, et peut-être même les chefs del’émigration, pour savoir si on traiterait avec la République fran-çaise ; que l’Église, pouvant recevoir de lui d’immenses bienfaits,devait les accepter ou les refuser sur-le-champ, et ne pas rétar-der le bien des peuples, par d’inutiles hésitations, ou par des con-sultations plus déplacées encore ; qu’il se passerait du Saint-Siège, puisqu’on ne voulait pas le seconder; que sans doute il nerendrait pas a l’Église les jours de la persécution, mais qu’illivrerait les prêtres à eux-mêmes, en se bornant à châtier lesturbulents, et en laissant les autres vivre comme ils pourraient ;qu’il se considérerait, relativement à la cour romaine, commelibre envers elle de tout engagement, même des engagementscontenus dans le traité de Tolentino, puisque, de fait, ce traitéavait disparu le jour de la guerre déclarée entre Pie VII et leDirectoire. En disant ces paroles, le ton du Premier Consulétait froid, positif, atterrant. Il fit entendre, par les dévelop-pements ajoutés à cette déclaration, que sa confiance dans leSaint-Père était toujours la même, mais qu’il imputait leslenteurs qui le blessaient, au cardinal Consalvi et à l’entouragedu Pape.

Le Premier Consul avait atteint son but, car le malheureuxSpina avait quitté la Malmaison dans un véritable désordred’esprit, et s’était rendu en hâte à Paris, pour écrire à sacour des dépêches toutes pleines de l’épouvante dont il étaitrempli lui-même. M. de Talleyrand, de son côté, écrivit à M.de Cacault une dépêche conforme à l’entretien de la Malmai-son. Il lui enjoignit de se rendre auprès du Pape et du car-dinal Consalvi, de leur déclarer que le Premier Consul, pleinde confiance dans le caractère personnel du Saint-Père, n’en

Ordre

à M. <le Cacaultde quitter Romesous cinq jours,si le projet deConcordat n’estpas accepte'»