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LIVRE XII.

Juin 1801.

Arrivée

«lu cardinal Con-salvi, et entrevueavec le PremierConsul.

Dans cet intervalle, le Premier Consul, en recevant de Romele projet amendé, et reconnaissant que les différences étaientplutôt de forme que de fond, s’était calmé. La nouvelle quele cardinal Consalvi venait lui-méme, pour achever de mettred’accord le Saint-Siège avec le cabinet français, le satisfitcomplètement. Il y voyait la certitude d’un arrangement pro-chain, et en outre un grand lustre pour son gouvernement. 11s’apprêta donc à faire le meilleur accueil au premier ministrede la cour romaine.

Le cardinal Consalvi arriva le 20 juin (1 er messidor) àParis. L’abbé Bernier et monsignor Spina accoururent pourle recevoir, et le rassurer sur les dispositions du PremierConsul. On convint du costume dans lequel il serait présentéà la Malmaison, et il s’y rendit, fort ému de l’idée de voir legénéral Bonaparte. Celui-ci, bien averti, n’eut garde d’ajouterau trouble du cardinal. Il déploya tout l’art de langage dontla nature l’avait doué, pour s’emparer de l’esprit de soninterlocuteur, pour lui montrer à fond ses intentions franche-ment bienveillantes envers l’Église, pour lui rendre sensiblesles difficultés graves attachées au rétablissement du cultepublic en France, et surtout pour lui faire comprendre quel’intérêt qu’on avait à ménager l’esprit français, était bien plus

phrases, de paroles qu’on peut retourner de tant de manières qu’à la fin onsaisira la bonne.

Le cardinal porte au Premier Consul une lettre confidentielle du Pape etle plus ardent de'sir de terminer l’affaire. C’est un homme qui a de la clartédans l’esprit. Sa personne n’a rien d’imposant, il n’est pas fait à la grandeur,son élocution un peu verbeuse n’est pas séduisante; son caractère est doux etson âme s’ouvrira aux épanchements, pourvu qu’on l’encourage avec douceurà la confiance.

J’ai écrit à Madrid, à l’ambassadeur Lucien Bonaparte, en quoi consistaitcet éclat du voyage à Paris du cardinal Consalvi et de ma retraite à Florence.J’ai également fait connaître aux ministres à Rome de l’Empereur et du roid’Espagne qu’il n’y avait aucune apparence de guerre avec le Pape.

Je vous salue respectueusement.

Cacault.