228
LIVRE XIII.
Nov. i£oi. les lieux mêmes la marche de l’administralion. Ces conseillers,arrivés dans les départements principaux, y appelaient lespréfets des départements voisins, les chefs des divers ser-vices, et y tenaient des conseils , # dans lesquels on leur révé-lait les difficultés qui n’avaient pu être prévues d’avance, lesobstacles inattendus qui surgissaient de la nature des choses,les lacunes des lois ou des règlements qu’on avait faits depuisdix ans. Ils examinaient en même temps si cette hiérarchiede préfets, sous-préfets, maires, fonctionnait avec ordre etfacilité ; si les individus étaient bien choisis, s’ils se montraientpénétrés des intentions du gouvernement, s’ils étaient, commelui, fermes, laborieux, impartiaux, dégagés de tout esprit departi. Ces tournées produisaient le meilleur effet. Les con-seillers en mission stimulaient le zèle des fonctionnaires, etrapportaient au conseil d’État des lumières utiles, soit pourla décision des affaires courantes, soit pour la confection ou leperfectionnement des règlements administratifs. Encouragéssurtout par l’énergie du Premier Consul, ils n’hésitaient pasà lui dénoncer les agents ou faibles, ou incapables, ou animésd’un mauvais esprit.
La sollicitude du Premier Consul ne se bornait pas à cetterevue du pays par les conseillers d’État en tournée. Les nom-breux aides-de-camp dépêchés par lui, tantôt aux armées,tantôt dans les ports de mer, pour y communiquer l’énergiede ses volontés, avaient ordre, chemin faisant, de tout obser-ver, et de tout rapporter à leur général. Les colonels Lacuée,Lauriston, Savary, envoyés à Anvers, Boulogne, Brest, Roche-fort, Toulon, Gênes, Otrante, avaient mission à leur retour des’arrêter dans chaque lieu, de voir, d’écouter, et de prendredes notes sur toutes choses : état des routes, mouvement desaffaires commerciales, conduite des fonctionnaires, vœux despopulations, opinion publique. Aucun n’y manquait, aucunne craignait de dire la vérité à un chef juste et tout-puissant.Ce chef, qui ne songeait alors qu’à faire le bien, parce que ce