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[Vol. 2.]
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LIVRE XIII.

Rov. 1601. pour qu’ils en fissent l’objet de leur examen et de leurs obser-vations. En conséquence de cet examen et de ces observa-tions , le projet avait élé modifié, et soumis enfin au Conseild’Etat, qui venait de le discuter article par article, pendantplusieurs mois. Le Premier Consul, assistant à chacune deces séances, avait déployé, en les présidant, une méthode,une clarté, souvent une profondeur de vues, qui étaient pourtout le monde un sujet de surprise. Habitué à diriger des ar-mées , à gouverner des provinces conquises, on n’était pasétonné de le trouver administrateur, car cette qualité est in-dispensable à un grand général; mais la qualité de législa-teur avait chez lui de quoi surprendre. Son éducation sousce rapport avait été promptement faite. S’intéressant à toutparce qu’il comprenait tout, il avait demandé au consul Cam-bacérès quelques livres de droit, et notamment les matériauxpréparés sous la Convention pour la rédaction du nouveauCode civil. Il les avait dévorés, comme ces livres de contro-verse religieuse dont il s’était pourvu, lorsqu’il s’occupait duConcordat. Bientôt, classant dans sa tête les principes géné-raux du droit civil, joignant à ces quelques notions rapidementrecueillies, sa profonde connaissance de l’homme, sa parfaitenetteté d’esprit, il s’était rendu capable de diriger ce travailsi important, et il avait même fourni à la discussion une largepart d’idées justes, neuves, profondes. Quelquefois une con-naissance insuffisante de ces matières, l’exposait à soutenir desidées étranges ; mais il se laissait bientôt ramener au vrai par lessavants hommes qui l’entouraient, et il était leur maître à tous,quand il fallait tirer, du conflit des opinions contraires, la con-clusion la plus naturelle et la plus raisonnable. Le principal ser-vice que rendait le Premier Consul, c’était d’apporter a l’a-chèvement de ce beau monument, un esprit ferme, une vo-lonté de travail soutenue, et par là de vaincre les deuxgrandes difficultés devant lesquelles on avait échoué jusqu’a-lors, la diversité infinie des opinions, et l’impossibilité de Ira-