Band 
[Vol. 2.]
Seite
233
JPEG-Download
 

LE TRIBUNAL.

233

vailler avec suite, au milieu des agitations du temps. Quand Nor. isoila discussion, comme il arrivait souvent, avait été longue, dif-fuse , obstinée, le Premier Consul savait la résumer, la tran-cher d’un mot, et, de plus, il obligeait tout le monde à tra-vailler en travaillant lui-même des journées entières. Onimprimait et on publiait le procès-verbal de ces séances re-marquables. Cependant, avant de le livrer au Moniteur, leconsul Cambacérès avait soin de le revoir, et de supprimerce qui pouvait n’étre pas convenable à publier, soit que lePremier Consul eût émis des opinions quelquefois singulières,ou traité des questions de mœurs avec une familiarité de lan-gage qui ne devait pas aller au delà de l’enceinte d’un conseilintime. Il ne restait donc dans les procès - verbaux que lapensée quelquefois rectifiée, souvent décolorée, mais toujoursfrappante, du Premier Consul. Le public en était saisi, ets’habituait à le considérer comme l’unique auteur de ce quise faisait de bon et de grand en France. Il prenait même unesorte de plaisir à voir législateur celui qu’il avait vu général,diplomate, administrateur, et constamment supérieur dans cesrôles si divers.

Le premier livre du Code civil était achevé, et c’était undes projets nombreux qui allaient être soumis au Corps lé-gislatif. La pacification de la France et sa réorganisation in-térieure marchaient donc du même pas. Bien que tout lemal ne fût pas réparé, que tout le bien ne fût pas accompli,cependant la comparaison du présent avec le passé rem-plissait les âmes de satisfaction et d’espérance. Tout lebien accompli, on l’attribuait au Premier Consul, et on avaitraison, car, d’après le témoignage de son collaborateur as-sidu , le consul Cambacérès, il dirigeait l’ensemble, soignaitlui-même les détails, et faisait encore plus dans chaque partie,que ceux à qui elle était spécialement confiée.

L’homme qui a régi la France de 1799 à 1815, a eu danssa carrière des jours de gloire enivrants, sans doute; mais