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[Vol. 2.]
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LK TRIBUNAT.

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ne fallait pas non plus déshonorer la cause royaliste, par d’o- n«v. isoi.dieux complots, qui remplissaient d’horreur les honnêtes gensdu monde entier. Il fallait se soumettre, tout espérer dutemps, et de la double difficulté de gouverner la France sansla royauté, de fonder une royauté sans la famille de Bourbon.

Les vicissitudes infinies des révolutions pouvaient seules fairenaître des chances qui n’existaient pas aujourd’hui en faveurdes princes exilés. Mais, quoi qu’il arrivât, il fallait tout attendrede la France seule, de la France éclairée, revenue à de meilleurssentiments, mais rien de l’étranger ni des conspirations. Ce lan-gage singulier à force de sagesse, surtout dans la bouche de M. deGalonné, causait un véritable étonnement, et faisait croire queM. de Galonné ne serait pas long-temps sans entrer en relationsavec le gouvernement consulaire. 11 avait vu le consul Lebrun,qui recevait les royalistes du consentement du Premier Con-sul, et s’était entretenu avec lui des affaires de la France.

On disait même qu’il allait devenir pour les finances ce queM.de Talleyrand était pour la diplomatie, le grand seigneur ral-lié , prêtant son expérience, l’influence de son nom, au géniedu Premier Consul. Il n’en était rien cependant. Il fallait auPremier Consul moins d’éclat d’esprit, mais plus d’applicationque n’en avait montré M. de Galonné, et il avait trouvé ce qu’illui fallait dans M. Gaudin, qui avait introduit un ordre parfaitdans nos finances. Néanmoins, sur ce simple bruit, une foulede solliciteurs, récemment rentrés en France, et voulant sup-pléer à leur fortune par des emplois, avaient entouré M. deGalonné, pensant qu’ils ne pouvaient pas choisir auprès dunouveau gouvernement un introducteur plus convenable, etqui justifiât mieux par son exemple leur adhésion au PremierConsul '.

1 11 existait àParis des agents des princes déchus, dont quelques-uns étaientgens d’esprit, et quelquefois assez bien informés. Ces agents faisaient des rap-ports presque quotidiens, dont j'ai parlé précédemment. Voici un extrait deces rapports relativement à M. de Calonne.

«M. de Calonne est de retour à Paris depuis un mois environ. Avant de

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