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[Vol. 2.]
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LIVRE XIII.

Nov. 1801. archie anglaise, s’il le fallait même, à l’ancienne monarchiefrançaise, moins les préjugés d’autrefois, moins le régimeféodal, plus la grandeur. On entrait dans la troisième annéedu gouvernement consulaire, et, suivant l’usage, les deuxtendances allaient s’exagérant par la contradiction même. Lesuns redevenaient presque des révolutionnaires violents, envoyant ce qui se faisait, envoyant l’autorité du Premier Con-sul s’accroître, les idées monarchiques se répandre, une course former aux Tuileries, le culte catholique restauré ou prêtà l’être, les émigrés rentrer en foule. Les autres devenaientpresque des royalistes d’autrefois, tant ils étaient pressés deréagir, et de refaire une monarchie, tant ils étaient disposésà s’accommoder même d’un despotisme éclairé, pour tout ré-sultat de la Révolution. En fait de despotisme éclairé, celuiqui s’élevait en ce moment en France, avait tant de génie,procurait un si doux repos, que la séduction était grande.Cependant la contradiction était poussée à ce point de part etd’autre, qu’une crise devait bientôt s’ensuivre.

Le Tribunat, agité les sessions précédentes, tantôt pourdes lois de finances, tantôt pour les tribunaux spéciaux, l’étaitcette année bien davantage, à l’aspect de tout ce qui se passait,à la vue de ce gouvernement marchant si vite à son but. LeConcordat surtout l’indignait comme l’acte le plus contre-ré-volutionnaire qui se pût imaginer. Le Code civil n’était pas,suivant lui, assez conforme à l’égalité. Ces traités de paixeux-mêmes, qui contenaient la grandeur de la France, luidéplaisaient dans leur rédaction, comme on le verra bientôt.

Résultats M. Sieyès, en voulant empêcher toute agitation au moyen

de la Constitution . . ,

m. Sieyès, de ses précautions constitutionnelles, n’en avait, comme on levoit, empêché aucune, car les constitutions ne créent pas lespassions humaines et ne sauraient les détruire; elles ne sontque la scène sur laquelle ces passions se produisent. En pla-çant tout le sérieux, toute l’activité des affaires dans le Con-seil d’Etat; le bruit, la parole, la critique vaine dans le Tribu-