Band 
[Vol. 2.]
Seite
247
JPEG-Download
 

I. K TKIBUNAT.

247

liât ; en réduisant celui-ci au rôle de plaider pour ou contre les Nov. îeoi.actes du gouvernement, devant un Corps législatif réduit àrépondre par oui ou par non; en plaçant au-dessus un Sénatoisif, qui, à de grands intervalles, élisait les hommes, char-gés de jouer ces deux rôles assez vains dans les deux assem-blées législatives ; en choisissant le personnel du gouvernementdans le même sens ; en plaçant les hommes propres aux af-faires dans le Conseil d’État, les hommes propres à la parole,enclins au bruit, dans le Tribunat, les fatigués obscurs dansle Corps législatif, les fatigués d’un ordre élevé dans le Sénat,

M. Sieyès n’avait guère empêché les passions du temps d’écla-ter; il y avait même ajouté, il faut le dire, une certaine ja- Jalousielousie des corps entre eux. Le Tribunat sentait la vanité dé- corps de l'État,clamatoire de son rôle; le Corps législatif sentait le ridicule deson silence, et contenait d’ailleurs beaucoup d’anciens prêtressortis des ordres, organisés par l’abbé Grégoire en une oppo-sition silencieuse, mais gênante. Le Sénat lui-même, dont M.

Sieyès avait voulu faire un vieillard opulent et tranquille, n’étaitpas aussi tranquille qu’il l’avait supposé. Ce corps était quel-que peu ennuyé de sa dignité oisive, car les Sénateurs étaientprivés de fonctions publiques, et leur puissance électorale, sirarement exercée, était loin d’occuper leur temps. Tous en-semble jalousaient le Conseil d’État, qui partageait seul avecle Premier Consul, la gloire des grandes choses qui s'accom-plissaient chaque jour.

Ainsi, cette société, que M. Sieyès avait cruyissoupir dansune espèce de régime aristocratique, à l’exemple de Veniseou de Gênes, s’agitait encore comme un malade qui a un restede fièvre, et pouvait être soumise, contenue par un maître,mais point endormie d’un paisible sommeil, ainsi que l’avaitespéré son auteur.

Et, chose singulière, M. Sieyès, inventeur de tous ces ar-rangements constitutionnels, en vertu desquels il régnait tantd’activité d’un côté, si peu de l’autre, M. Sieyès arrivait à se