Band 
[Vol. 2.]
Seite
263
JPEG-Download
 

LE T RI U U jN A T.

203

dispensables, et qui ranimèrent le débat. M. Ginguené le ter- »*. i«oi.mina par une proposition épigrammatique et peu séante. Re-connaissant qu’il était difficile pour un mot déplaisant de re-jeter un traité de paix., il demanda d’émettre un vote motivéen ces termes: «Par amour pour la paix, le Tribunat adoptele traité conclu avec la cour de Russie.»

M. de Girardin, qui était un des membres les plus raison-nables et les plus spirituels du Tribunat, fit repousser toutesces propositions, et décida l’assemblée à passer immédiate-ment aux voix. Après tout, la majorité du Tribunat voulait,par ses choix de personnes, donner au Premier Consul dessignes de mécontentement; elle ne désirait pas entrer en lutte,surtout à propos d’un traité, dont le rejet lui aurait valu l’anim-adversion publique. 11 fut adopté par 77 voix contre 14.L’adoption au Corps législatif eut lieu sans tumulte, grâce illa forme de l’institution.

Cette scène fit dans Paris un eflet pénible. On ne considé-rait pas le Premier Consul comme un ministre exposé à perdrela majorité, et on ne craignait pas pour son existence politique.

On le considérait comme cent fois plus nécessaire qu’un roine le paraît dans une monarchie bien établie. Mais on voyaitavec chagrin la moindre apparence de nouveaux troubles, etles amis d’une sage liberté se demandaient, commeut avec uncaractère semblable à celui du général Ronaparte, comment,avec une constitution dans laquelle on avait négligé d’admettrele pouvoir de dissolution, une telle lutte pourrait finir, si ellese prolongeait.

En effet, si la dissolution eût été possible, la difficulté eûtété bientôt résolue, car la France convoquée n’eût pas rééluun seul des adversaires du gouvernement. Mais, obligés devivre ensemble jusqu’au renouvellement par cinquième, lespouvoirs étaient exposés, comme sous le Directoire, à quelqueviolence des uns à l’égard des autres; et si pareille chose avaitlieu, ce n’étaient évidemment ni le Tribunat ni le Corps légis-