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LIVRE XIII.
»éc. i8üi. alla jusqu’à prétendre qu’il avait d’importantes choses à diresur cette question ; mais qu’il ne les dirait que lorsque laséance serait publique, car il voulait que la France entièrepût les entendre. On lui répondit qu’il valait mieux commen-cer par les communiquer à ses propres collègues. Il reculacependant, et un tribun inconnu, homme simple et de bonsens, fit rentrer la raison dans les esprits par une courte allo-cution. Je n’entends rien, dit-ii, à la diplomatie ; je n’en saisni l'art ni la langue. Mais je vois dans le traité proposé untraité de paix. Un traité de paix est une chose précieuse,qu’il faut adopter en entier, avec tous les mots qu’il renferme.Croyez que la France ne vous pardonnerait pas un rejet, etque la responsabilité qui pèserait sur vous serait terrible. Jedemande donc que la discussion soit terminée, la séance ren-due publique, et le traité mis immédiatement aux voix. —Après ces courtes paroles, débitées avec calme et simplicité,on allait voter, lorsqu’un des opposants demanda le renvoi aulendemain, à cause de l’heure fort avancée. Le renvoi futadopté. Le lendemain le tumulte fut tout aussi grand que laveille. M. Benjamin Constant prononça un discours écrit, très-développé, très-subtil. M. Chénier déclama de nouveau avecviolence, disant que cinq millions de Français étaient mortspour n’étre plus sujets , et que ce mot devait rester ensevelidans les ruines de la Bastille. La majorité, fatiguée de ces vio-lences, allait en finir, quand arriva une lettre du conseillerd’État Fleurieu, adressée au rapporteur Costaz. M. Costazavait donné comme officielles les explications qu’il avait pré-sentées dans son rapport, et avait voulu faire entendre qu’ellesvenaient du Premier Consul. Fournissez-en la preuve positive;lui avait-on répondu. 11 avait alors provoqué une déclaration àM. Fleurieu, qui était le conseiller d’État chargé de soutenir leprojet. Celui-ci, après avoir pris les ordres du Premier Con-sul, envoya la déclaration désirée, en la faisant suivre de beau-coup de rectifications, que le rapport de M. Costaz rendait in-