LE TRIBUNAT.
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Les consuls discutèrent entre eux le parti à prendre. Legénéral Bonaparte était résolu à un éclat, et à un acte vio-lent. S’il avait eu la faculté légale de dissoudre le Tribunatet le Corps législatif, la solution eût été facile par des voiesrégulières, et elle eût amené, par une élection générale,une majorité tout à fait favorable aux idées du Premier Con-sul. Il est vrai qu’une élection générale aurait exclu en masseles hommes de la Révolution, et fait surgir des hommes entiè-rement nouveaux, animés plus ou moins de sentiments roya-listes, tels que ceux contre lesquels il avait fallu faire le 18 fruc-tidor, ce qui eût été un malheur d’un autre genre. Tant ilest vrai qu’au lendemain d’une révolution sanglante, qui avaitprofondément irrité les esprits les uns contre les autres, lelibre jeu des institutions constitutionnelles était impossible!Pour sortir des mains des révolutionnaires irréfléchis, on se-rait tombé dans les mains des royalistes mal-intentionnés.Mais en tout cas, la dissolution n’était pas dans les lois ; ilfallait trouver un autre moyen.
Le Premier Consul voulait retirer le Code civil, laisser chô-mer le Corps législatif et le Tribunat, ne plus rien présenterque les lois de finances; et puis, quand il aurait bien fait sen-tir à la France, que ces corps étaient l’unique cause de l’inter-ruption apportée aux travaux bienfaisants du gouvernement,saisir une occasion de briser les instruments incommodes quela Constitution lui imposait. Mais le consul Gambacérès,l’homme aux expédients habiles, trouva des moyens plusdoux, d’une légalité très-soutenable, et d’ailleurs les seulspraticables dans le moment. Il dissuada le général, son col-lègue, de toute mesure illégale et violente. — Vous pouveztout, lui dit-il; on souffrirait tout de votre part. On a bienpermis au Directoire de faire ce qu’il a voulu, au Directoirequi n’avait pour lui ni votre gloire, ni votre ascendant moral,ni vos immenses succès militaires et politiques. Mais le coupd’État du 18 fructidor, tout nécessaire qu’il était, a perdu le
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Janv. 18b2.
Le consul Cam-bacérès fait pré-valoir l’ideed’une mesure lé-gale, l’exclusionpar le scrutin,du cinquièmesortant en l’an x.