Band 
[Vol. 2.]
Seite
280
JPEG-Download
 

280

LIVRE XIII.

Janv. 1802.

Le Premier Con-sul quitte Parispour

aller présider àLyon la consultede la Républiqueitalienne.

tillière et le proclame membre du Sénat conservateur.'» Parcemoyen, le Sénat semblait avoir adopté, non pas le candidat duPremier Consul, mais celui du Corps législatif. C’était ajouterà la honte de la soumission, la honte d’un mensonge qui netrompait personne. Certes on faisait bien de reculer devantun homme indispensable, sans lequel la France eût été plon-gée dans le chaos, sans lequel pas un des opposants n’eût étéassuré de conserver sa tête; mais il ne fallait pas alors l’of-fenser, quand on savait qu’on ne pourrait pas pousser l’offensejusqu’au bout.

Les opposants du Tribunat jetèrent les hauts cris contre lafaiblesse du Sénat, faiblesse qu’ils devaient bientôt imiter, etsurpasser eux-mêmes

Le plan adopté par le gouvernement fut immédiatementmis à exécution. Les travaux législatifs furent suspendus, et onannonça publiquement que le Premier Consul allait quitter Paris,pour faire à Lyon un voyage de près d’un mois. L’objet dece voyage avait la grandeur accoutumée des actes du généralBonaparte. Il s’agissait de constituer la République cisalpine,et cinq cents députés, de tout ége, de toute condition, pas-saient en ce moment les Alpes, par un hiver rigoureux, pourformer à Lyon une grande diète, sous le nom de consulte, etrecevoir de la main du général Bonaparte, des lois, des magis-trats, un gouvernement tout entier. Il avait été convenu quechacun ferait la moitié du chemin, et Lyon avait été jugéaprès Paris, le point le plus convenable pour un pareil rendez-vous. De vastes préparatifs étaient déjà faits dans cette ville,pour cet imposant spectacle politique. On devait même l’en-tourer d’un grand appareil militaire, car les vingt-deux millehommes restant de l’armée d’Égypte, débarqués à Marseille età Toulon par la marine anglaise, étaient en marche surLyon, pour y être passés en revue par leur ancien général.

On ne s’occupa plus du Corps législatif ni du Tribunat. Onles laissa dans une parfaite oisiveté, sans leur expliquer d’au-