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[Vol. 2.]
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LIVRE XIII.

janv. 1802. colonies, la tenir non pas de la douteuse fidélité d'un noir de-venu dictateur, mais de la force des armes; la posséder soli-dement contre les noirs et les Anglais; rendre aux ancienscolons leurs propriétés, cultivées par des mains libres; joindreenfin à cette reine des Antilles les bouches du Mississipi, enacquérant la Louisiane, telles furent les combinaisons du Pre-mier Consul, combinaisons regrettables, comme on le verrabientôt, mais commandées pour ainsi dire, par une dis-position des esprits, qui était générale en Franco à cetteépoque.

Il importait de se hâter, car, bien que la paix définitive né-gociée en ce moment dans le congrès d’Amiens, fût à peuprès certaine, il fallait, à tout événement, si les Anglais fai-saient surgir des prétentions nouvelles et inadmissibles, il fal-lait profiter des quelques mois pendant lesquels la mer allaitêtre ouverte, pour envoyer une flotte. Le Premier Consul fitpréparer à Flessingue, Brest, Nantes, Rochefort et Cadix, unimmense armement, composé de 26 vaisseaux de ligne, et de20 frégates, capables de porter vingt mille hommes. 11 donnale commandement de l’escadre à l’amiral Villaret-Joyeuse, etle commandement des troupes au général Leclerc, l’un desbons officiers de l’armée du Rhin, devenu le mari de sa sœurPauline. 11 exigea que cette sœur accompagnât son mari. Ilavait pour elle une tendresse extrême: il envoyait donc lâce qu’il avait de plus cher, et ne voulait pas, comme le direntdepuis les partis, déporter dans un pays fiévreux et mortel,les soldats et les généraux de l’armée du Rhin qui lui faisaientombrage. Une autre circonstance prouve l’intention qui le di-rigea dans la composition du corps envoyé à Saint-Domingue.Comme la paix semblait devoir être générale, et dès lors so-lide, les militaires craignaient de n’avoir plus de carrière. Untrès-grand nombre demandaient à faire partie de l’expédition,et ce fut une faveur qu’on fut obligé de distribuer entre eux,avec une sorte de justice et d’égalité. Le brave Richepanse,