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LIVRE XIII.

vie

Janv. 1801 mandes, qui auraient eu par ce moyen un co-partageant demoins à dédommager, avec les terres des princes ecclésiasti-ques. Elle aurait plu surtout au pape, qui espérait qu’on luirendrait les Légations, lorsqu’on ne serait plus lié par les pro-messes faites à la Cisalpine. Cette combinaison, en un mot, étaitdu goût de tout le monde en Europe ; car elle supprimait une ré-publique, laissait un territoire déplus à répartir, et plaçait un Etatde moins sous la domination directe de la République française.

C’était assurément une raison de grand poids que celle derendre notre grandeur plus supportable à l’Europe, et de don-Necessite ner ainsi plus de chances à la durée de la paix. Quand la

«le constituer t . t _ <x .

ritaiie. France avait le Rhin et les Alpes pour frontières, quand elle

avait sous son influence immédiate la Suisse, la Hollande,l’Espagne et l’Italie ; quand elle possédait directement le Pié-mont, du consentement général, quoique tacite, de toutes lespuissances ; quand elle en était arrivée à ce degré de gran-deur, la politique la plus modérée était, dès ce jour môme, lameilleure et la plus sensée. Sous ce rapport M. de Tal-leyrand avait raison. Cependant, après tout ce qu’on avaitfait, on était forcément engagé à constituer l’Italie; et puis-qu’on l’avait déjà enlevée à l’Autriche, il fallait songer à la luienlever irrévocablement, résultat qu’on ne pouvait obtenirqu’en la constituant d’une manière forte et indépendante. Onne froissait par là que l’Autriche seule, et une des cent ba-tailles qu’on a livrées depuis, pour créer des royaumes fran-çais sur tout le Continent, aurait suffi pour faire supporterdéfinitivement à l’Europe l’état de choses quon aurait voulucréer en Italie.

Manières Dans ce système, il fallait renoncer à posséder le Piémont,car si les Italiens préfèrent les Français aux Allemands, aufond ils n’aiment ni les uns ni les autres, parce que les unset les autres sont étrangers pour eux. C’est un sentiment na-turel et légitime, qu’on doit respecter. Les Français, proté-geant l’Italie sans la posséder, se l’attachaient pour toujours,