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[Vol. 2.]
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LIVRE XIII.

Janv. 1802 . Le lendemain, 26 janvier (6 pluviôse), il se rendit dans lelocal destiné aux séances générales de la Consulte. C’était dansune grande église, disposée et décorée pour cet usage. Touts’y passa comme dans une séance royale, soit en France, soiten Angleterre. Le Premier Consul, entouré de sa famille, desministres français, d’un grand nombre de généraux et de pré-fets, était placé sur une estrade. Il fit en langue italienne,qu’il prononçait parfaitement, un discours simple et précis,dans lequel il annonça son acceptation, ses vues pour le gou-vernement et la prospérité de la nouvelle République, et pro-clama les principaux choix qu’il avait faits, conformément auxvœux de la Consulte. Ses paroles furent couvertes par les crisde Vive Bonaparte l Vive le Premier Consul de la Républiquefrançaise! Vive le Président de la République italienne! On lutensuite la Constitution, et la liste des citoyens de tous lesrangs qui devaient contribuer à la mettre en activité. Unelongue acclamation exprima l’accord des volontés, entre lepeuple italien et le héros qui l’avait affranchi. Cette séancefut solennelle et imposante ; elle commençait dignement l’exis-tence de la nouvelle République qui devait s’appeler désor-mais République italienne. Cette fois, comme tant d’autres, ilne fallait souhaiter au général Bonaparte qu’une chose: c’estque le génie qui conserve accompagnât, chez ce favori de lafortune, le génie qui crée.

Le Premier Consul était depuis vingt jours à Lyon. Le gou-vernement de la France réclamait sa présence à Paris, et ilavait à donner les derniers ordres pour la signature de lapaix définitive, qui se négociait au congrès d’Amiens. Pendantce temps, le consul Cambacérès et le Sénat travaillaient à ledébarrasser des opposants inconsidérés, qui l’avaient con-trarié si violemment, dans le moment de sa carrière où il a lemoins mérité de l’étre. Il allait se trouver en mesure de re-prendre cette longue série de travaux, qui faisaient le bonheuret la grandeur de la France. Il était donc pressé de revenir