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LIVRE XIV.
Mai 1802 . formait en même temps une ressource suffisante pour cou-vrir la plus grande partie des frais des nouveaux établis-sements.
Le Premier Consul entendait distribuer de la manière sui-vante les bourses dont le gouvernement allait avoir la dispo-sition : 2,400 devaient être données aux enfants des militaireson retraite qui étaient peu aisés, des fonctionnaires civils quiavaient utilement servi, des habitants des provinces récem-ment réunies à la France. Les 4,000 autres étaient destinéesaux pensionnats actuellement établis. Il y avait en effet ungrand nombre de ces pensionnats exploités par l’industrieparticulière. Le Premier Consul crut devoir les laisser exis-ter: mais il les rattacha à son plan par le moyen le plus simpleet le plus efficace. Ces pensionnats ne pouvaient subsisterdésormais qu’avec l’autorisation du gouvernement; ils devaientêtre inspectés tous les ans par les agents de l’État; ils étaientobligés d’envoyer leurs élèves aux cours des Lycées, moyen-nant une faible réti’ibution. Enfin, les 4,000 bourses devaient,après un examen annuel, être distribuées entre les élèves desdivers pensionnats, en raison du mérite reconnu et de labonne tenue de chaque maison. Ainsi rattachés au plan géné-ral, les pensionnats en faisaient tout à fait partie.
Passant ensuite à l’instruction spéciale, le Premier Consuls’occupa d’en compléter l’organisation. L’étude de la juris-prudence avait péri avec l’ancien établissement judiciaire ; ilcréa dix écoles de droit. Les écoles de médecine, moins né-gligées, subsistaient au nombre de trois ; il proposa d’en créersix. L’École Polytechnique existait, elle fut rattachée à cetteorganisation. On y ajouta une école des services publics,connue depuis sous le titre d’École des Ponts-et-Chaussées,une école des arts mécaniques, alors fixée à Compiègne, de-puis à ChAlons-sur-Marne, premier modèle des écoles des artset métiers, qui sont aujourd’hui jugées si utiles; enfin uneécole du grand art qui faisait alors la puissance du Premier