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[Vol. 2.]
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CONSULAT A VIE.

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Consul et de la France, une école d’art militaire, destinée àoccuper le château de Fontainebleau.

Il manquait à cet ensemble un complément, c’est-à-dire uncorps enseignant, qui fournît à ces collèges des instituteurs,qui les embrassât dans sa surveillance, en un mot, ce qu’on anommé depuis l’Université. Mais le moment n’en était pasencore venu. C’était déjà beaucoup de recueillir du naufrageles établissements d’instruction publique, et de créer tout d’a-bord, avec les professeurs actuels, des collèges dépendants del’État, où la jeunesse de toutes les classes, attirée par l’éduca-tion gratuite, serait formée sur un modèlé commun, régulier,conforme aux principes de la Révolution française, et auxsaines doctrines littéraires. Le Premier Consul dit au savantFourcrov: Ceci n’est qu’un commencement; plus tard, nousferons plus et mieux. —

Ces deux projets importants furent d’abord portés au Con-seil d’État, et livrés, dans ce corps éclairé, à de vives contro-verses. Le Premier Consul, qui n’aimait pas la discussion pu-blique, parce qu’elle agitait alors les esprits trop long-tempsémus, la recherchait, la provoquait même dans le sein duConseil d’Etat. C’était son gouvernement représentatif à lui.Il y était familier, original, éloquent, s’y permettait tout à lui-même, y permettait tout aux autres, et, par le choc de son es-prit sur celui de ses contradicteurs, faisait jaillir plus delumières qu’on ne peut en obtenir d’une grande assemblée, oùla solennité de la tribune, les inconvénients de la publicitégênent et compriment sans cesse la vraie liberté de la pen-sée. Cette forme de discussion serait même la meilleure pourl’éclaircissement des affaires, s’il ne dépendait d’un maître ab-solu de l’arrêter aux limites fixées par sa volonté. Mais untel corps est pour le despotisme éclairé, quand il veut êtreéclairé, la meilleure des institutions.

Le Conseil d’État, composé de tous les hommes de la Révo-lution, et de quelques-uns de ceux qui avaient surgi plus ré-

Mai 1802.

Discussion duConseil «l'État,sur l'institutionde la Legiou-d’Honneur,et sur le nouveausystème d’édu-cation publique.