CONSULAT A VIE.
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retournaient auprès des consuls Cambacérès et Lebrun, s’in- Mar isœ.former de la conduite qu’ils avaient â tenir. Nommez-le consulà vie, répondaient-ils, et vous ferez ce qu’il y a de mieux. —
Mais on dit qu’il ne le veut pas, répliquaient les plus simples,et que dix ans de prorogation lui suffisent. Pourquoi aller plusloin qu’il ne veut? —
Les consuls Lebrun et Cambacérès avaient de la peine àles persuader. Celui-ci en avertit le Premier Consul. — Vousavez tort, lui dit-ii, de ne pas vous expliquer. Vos ennemis,et il vous en reste, malgré vos services, même au Sénat, abu-seront de votre réserve. —■ Le Premier Consul ne parut nisurpris, ni même flatté de l’empressement des sénateurs.Laissez-les faire, répondit-il à M. Cambacérès; la majorité duSénat est toujours prête à faire plus qu’on ne lui demande. Ilsiront plus loin que vous ne croyez. —
M. Cambacérès lui répliqua qu’il se trompait. Mais il fut im-possible de vaincre cette dissimulation opiniâtre ; et, commeon va le voir, les conséquences en furent singulières. Malgréles avis de MM. Cambacérès et Lebrun, beaucoup de bonnesgens qui trouvaient plus commode de donner moins que plus,crurent que le Premier Consul regardait une prorogation dedix ans comme un témoignage suffisant de la confiance pu-blique, et comme une assez grande consolidation de son pou-voir., Le parti Sieyès, toujours fort malveillant, s’était réveilléà cette occasion, et agissait sourdement. Les sénateurs, quiétaient secrètement liés à ce parti, circonvinrent leurs col-lègues incertains, et leur affirmèrent que la pensée du Pre-mier Consul était connue, qu’il se contentait d’une prorogationde dix ans, qu’il la préférait à toute autre chose, qu’on le sa-vait, que d’ailleurs c’était mieux en soi; que par cette combi-naison le pouvoir public était consolidé, la République main-tenue, et la dignité de la nation sauvée. Comme dans l’affairedes candidatures au Sénat, le brave Lefebvre fut un de ceuxqui se laissèrent persuader, et qui crurent, en votant une pro-