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[Vol. 2.]
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CONSULAT A VIE.

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révolutions, sur les inconséquences de cette génération, ren-versant une royauté de douze siècles, voulant même dans sondélire renverser toutes les royautés de l’Europe, et, revenuemaintenant de ses premières ardeurs, réédifiant, pièce à pièce,un trône détruit, et cherchant avec empressement à qui ledonner. Heureusement elle avait trouvé pour cet emploi unhomme extraordinaire. Les nations dans un tel besoin ne ren-contrent pas toujours un maître qui ennoblisse au même degréleurs inconséquences. Cependant l’embarras de la pudeuravait un moment saisi tout le monde, ce maître d’abord n’o-sant lui-même avouer ses désirs, le Sénat ensuite n’osant lesdeviner, et hésitant à les satisfaire, jusqu’à ce que le Conseild’État, mettant de côté cette fausse honte, eût le courage, pourtous, d’avouer ce qu’il fallait dire et faire.

Ces difficultés d’un instant firent bientôt place à une véri-table ovation. Le Corps législatif et le Tribunat voulurent serendre chez le Premier Consul, afin de donner le signal desadhésions, en venant en corps voter dans ses mains, pour laperpétuité de son pouvoir. Le motif imaginé pour colorer cettedémarche, c’est que les membres du Corps législatif et duTribunat, retenus pendant cette session extraordinaire surleurs sièges de législateurs, ne pouvaient pas être dans leurscommunes, afiu d’y voter. La raison fut trouvée bonne, et onse rendit en corps aux Tuileries. M. de Vaublanc y porta laparole au nom du Corps législatif, et M. Chabot de l’Ailier aunom du Tribunat. Reproduire les discours prononcés danscelte occasion, serait fastidieux. C’était toujours l’expressionde la même reconnaissance, de la même confiance dans le gou-vernement du Premier Consul. Un tel exemple ne pouvaitqu’entraîner les citoyens à voter, s’ils en avaient eu besoin ;mais une si haute impulsion n’était pas nécessaire. Ils allaientavec empressement dans les mairies, chez les notaires, dansles greffes des tribunaux, inscrire leurs votes approbatifs surles registres ouverts pour les recevoir.

Mai 1802.

Le Tribunat et leCorps législatifviennent votersolennellementdans les mains duPremier Consul,en faveur duConsulat à vie.

Empressementuniversel descitoyens à venirdéposer

leur vote, en fa-veur du Consulatà vie.