CONSULAT A VIE.
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nient les questions soulevées. Mais le Premier Consul étaitfixé. Il croyait, avec tous les amis sages du gouvernement,que c’était assez, du moins cette fois, que d’élablir le Consulatà vie ; que c’était la monarchie elle-même, surtout si on y ajou-tait la faculté de désigner son successeur. Un mouvement d’o-pinion assez sensible parmi les hommes qui entouraient le pou-voir, même parmi les plus dévoués, avait averti le PremierConsul qu’il n’en fallait pas faire davantage. Il avait donc ré-solu de s’arrêter, et il qualifiait de démarches indiscrètes, toutce que faisaient, et disaient autour de lui des amis inhabiles,dont le zèle était loin de lui déplaire, mais n’était pas assezgénéralement partagé pour être accueilli.
Il s’occupait de faire lui-même à la Constitution quelqueschangements qui lui semblaient indispensables. Quoique mé-disant volontiers de l’ouvrage de M. Sieyès, il songeait à enconserver le fond, en y ajoutant seulement certaines commo-dités nouvelles pour le gouvernement.
II se produisait une singulière disposition d’esprit chez quel-ques hommes. Ils demandaient qu’on revînt à la monarchie,puisque ainsi le voulait la force des choses; mais qu’en retouron donnât à la France les libertés, qui, dans la monarchie,sont compatibles avec la royauté, c’est-à-dire qu’on lui donnâtpurement et simplement la monarchie anglaise, avec uneroyauté héréditaire et deux chambres indépendantes. M. Ca-mille Jordan avait publié sur ce sujet un écrit, fort remarquédu petit nombre de personnes qui se mêlaient encore de ques-tions politiques ; car la masse n’avait pas d’autre avis que celuide laisser le Premier Consul faire comme il voudrait. Ainsicette idée de la monarchie représentative, qui, dès le débutde la Révolution, s’était présentée à MM. Laily-Tollendal etMounier, comme la forme nécessaire de notre gouvernement,et qui, cinquante ans plus tard, devait en devenir la formedernière, cette idée apparaissait encore une fois à quelquesesprits, comme un de ces monts élevés et lointains, que, dans
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Quelques espritssongent un mo-ment à la monardue constitu-tionnelle, commeelle existeen Angleterre.