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LIVRE XIV.
juin 1802. ou refusants se montraient fort calmes, et produisaient parleur concours un mouvement à peine sensible, tant la popula-tion était tranquille et satisfaite.
changements 11 y avait cependant une sorte de fermentation d’esprit au-
qu’on projette
d’apporter à la tour du gouvernement, au sujet des changements qu’on nepouvait manquer d’apporter à la Constitution, à la suitede la prorogation du Consulat à vie. On répandait à cetteoccasion mille bruits divers, ayant pour origine les vœux dechaque parti.
Les frères du général Bonaparte, Lucien en particulier, n’a-vaient pas entièrement renoncé à la monarchie héréditaire,qui leur donnait tout de suite rang de princes, et les mettaithors de pair avec les autres grands fonctionnaires de l’État.M. Rœderer, l’ami et le confident de Lucien, était, de tous lespersonnages se mêlant d’avoir un avis, le plus avancé dansles opinions monarchiques, bien plus du reste par son incli-nation naturelle, que par aucune suggestion intéressée. Il étaitconseiller d’État, chargé de l’instruction publique sous les or-dres du ministre de l’intérieur Chaptal, et il usait de cette po-sition pour adresser aux préfets des circulaires, qui, parfai-tement étrangères à l’objet dont il était chargé, avaient traitdirectement aux questions dont s’occupaient alors le gouver-nement et le public. Ces circulaires, dans lesquelles on adres-sait aux préfets certaines questions, en indiquant la réponse,et en l’indiquant dans un sens tout monarchique, ces circulai-res n’émanant pas du ministre lui-même, mais parlant cependantd’une autorité fort élevée, semblaient révéler un projet occulte,remontant peut-être très-haut. Elles agitaient les esprits dansles provinces, et donnaient lieu à mille rumeurs.
M. Rœderer et ceux qui partageaient ses idées, auraientvoulu qu’on fit surgir des départements une sorte de vœuspontané, qui autorisât plus de hardiesse qu’on ne venait d’enmontrer récemment . Ils ne manquaient pas d’adresser de vivesinstances au Premier Consul, pour qu’il tranchât plus hardi-