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[Vol. 2.]
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LIVRE XIV.

Juin 1802 . çaise, qui est l’égalité civile, c’est-à-dire la justice distributiveen toutes choses, législation, tribunaux, administration, impôt,service militaire, distribution des emplois etc. Aujourd’huitout département est l’égal d’un autre département; tout Fran-çais est l’égal d’un autre Français; tout citoyen obéit à la mômeloi, comparait devant le môme juge, subit le même châ-timent, reçoit la même récompense, paie le même impôt,fournit le même service militaire, arrive aux mêmes grades,quelle que soit sa naissance, sa religion ou son lieu d’origine.Voilà le grand résultat social de la Révolution, pour lequel ilvalait la peine de souffrir ce qu’on a souffert, et qu’il fautmaintenir invariablement. Après ce résultat, il en est un autreà maintenir avec une égale vigueur, c’est la grandeur de laFrance. Les cris de la presse, les éclats de la tribune, toutcela ne nous va plus, tout cela nous ira peut-être dans d’autrestemps. Maintenant il nous faut de l'ordre, du repos, de laprospérité, des affaires bien conduites, et la conservation denotre grandeur extérieure. Pour conserver cette grandeur,la lutte n’est pas finie, elle recommencera; et pour la soutenirnous aurons besoin de beaucoup de force et d’unité dans legouvernement! —

Telle est la substance des entretiens continuels du PremierConsul, avec ceux qu’il avait admis à lui donner leurs idées,et avec lesquels il prépara le remaniement de la Constitutionconsulaire.

On peut y reconnaître sa manière habituelle de penser.Sans nier l’avenir, ne s’inquiétant que du présent, il voyait lebien actuel de la France dans la réunion de tous les partis,dans le maintien et l’achèvement de la réforme sociale accom-plie par la Révolution; enfin, dans le développement de lapuissance acquise par nos armes. Quant à la liberté, il l’écar-tait comme un retour à tous les troubles, comme un obstacle àtout ce qu’il voulait faire de bon, et lui laissait dans sa penséela place d’un problème difficile, obscur, dont la solution ne le