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L1VRK XIV.

juillet 1802. La nouvelle Constitution remaniée était prête; les votes de-mandés ù tous les citoyens étaient émis. Le consul Camba-cérès, toujours conciliant, proposa au Premier Consul l’idéefort sage, de confier au Sénat le soin de supputer les votesrecueillis, d’en compter et d’en proclamer le nombre. C’était,disait-il avec raison, une manière toute naturelle de tirer cegrand corps d’une situation fausse, amenée par une méprise.Le Sénat avait, effectivement, proposé une prorogation de dixans, et le Premier Consul avait pris le Consulat à vie. Depuisle Sénat s’était tu, et n’avait fait, ni pu faire aucune démarche.Lui donner le résultat à proclamer, c’était l’y associer, et letirer de l’état de gêne où il se trouvait. — Venez, dit M. Cam-bacérès au Premier Consul, venez au secours de gens qui sesont trompés en voulant trop vous deviner. — Le PremierConsul sourit d’une malice peu ordinaire à son prudent collè-gue, et consentit avec empressement à la proposition si sensée

Le Sénat chargé qui lui était faite. Les registres sur lesquels les votes avaient

de supputer les •

votes emîs, et de été déposés furent envoyés au Sénat pour qu’il en fît la sup-

proclamer le ré- 1

suitat. putation. 3,577,259 citoyens avaient donné leurs suffrages,et, sur ce nombre, 3,568,885 avaient volé pour le Consulat àvie. Sur cette énorme masse d’approbateurs, il y avait euseulemeut huit mille et quelques cents refusants : c’était uneimperceptible minorité. Jamais gouvernement n'a obtenu untel assentiment, et ne l’a mérité au même degré.

Ce résultat constaté, le Sénat rendit un sénatus-consulte entrois articles. Le premier de ces articles était ainsi conçu :Le peuple français nomme, et le Sénat proclame, Napoléon Bo-naparte Premier Consul à vie.

C’est à partir de cette époque que le prénom de Napoléona commencé de figurer dans les actes publics, à côté du nomde famille du général Bonaparte , seul connu jusqu’alors dansle monde. Ce prénom si éclatant, que la voix des nations atant répété depuis, n’avait été encore employé qu’une fois,c’est dans l’acte constitutif de la République italienne. En ap-