4 n
LIVRE XIV.
Août 1802.
Le s^uatus-con-sulte , contenantles modificationsà ia Constitution,délibéré au Con-seil d’Etat.
ne prévoyait alors, et lui répétait enfin ee que proclamaientdans le moment toutes les bouches de la renommée. Le pré-sident lut ensuite le texte du décret. Le Premier Consul, s’in-clinant devant le Sénat, répondit par ces nobles paroles :
« La vie d’un citoyen est à sa patrie. Le peuple français« veut que la mienne tout entière lui soit consacrée... j’obéis« à sa volonté.
« Par mes efforts, par votre concours, citoyens sénateurs,« par le concours de toutes les autorités, par la confiance et« la volonté de cet immense peuple, la liberté, l’égalité, la« prospérité de la France seront à l’abri des caprices du sort« et de l’incertitude de l’avenir. Le meilleur des peuples sera« le plus heureux, comme il est le plus digne de l’être ; et sa« félicité contribuera à celle de l’Europe entière.
« Content alors d’avoir été appelé, par l’ordre de celui de« qui tout émane , à ramener sur la terre l’ordre, la justice,« l’égalité, j’entendrai sonner la dernière heure, sans regret« et sans inquiétude sur l’opinion des générations futures.»
Après des remerciments affectueux au Sénat, le PremierConsul reconduisit ce corps, et continua de recevoir les étran-gers , que lui amenaient les ministres d’Angleterre, de Russie,d’Autriche, de Prusse, de Suède, de Bavière, de Hesse, deWurtemberg, d’Espagne, de Naples, d’Amérique, car l’uni-vers entier était dans ce moment en paix avec la France. Cemême jour on présentait au Premier Consul lord Holland etlord Grey (ceux que la génération actuelle a connus), avec unefoule d’autres personnages de distinction.
Le lendemain, 4 août, les nouveaux articles modificatifs dela Constitution furent soumis au Conseil d’État. Le PremierConsul présidait cette séance solennelle; il lisait les articlesl’un après l’autre, et les motivait avec précision et vigueur.11 exprimait sur chacun les idées que nous avons exposées ci-dessus. Il provoquait lui-même les objections, et y répondait.Sur la désignation du successeur, il y eut une courte discus-