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[Vol. 2.]
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CONSULAT A VIE.

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sion, dans laquelle on put apercevoir encore quelque trace dela résistance qu’il avait opposée à cette disposition. MM. Pe-tiet et Rœderer soutenaient que la désignation du successeur,faite par testament, devait être aussi obligatoire que si elleétait faite par le moyen de l’adoption solennelle, en présencedes corps de l’État. Le Premier Consul ne voulut pas que cetestament fût obligatoire pour le Sénat, par le motif qu’unhomme mort, quelque grand qu’il eût été, n’était plus rien ;que sa dernière volonté pouvait toujours être cassée, et qu’enla soumettant à la ratification du Sénat, on ne faisait que re-connaître une nécessité inévitable. A cette occasion, il pro-nonça sur l’hérédité quelques paroles singulières, qui prou-vaient que, pour l’instant, il n’y songeait plus. Il répéta eneffet, avec de certains développements, qu’elle était hors desmœurs et des opinions régnantes. Sa nature ne le portait niau mensonge ni à l’hypocrisie ; mais, placé, comme les hom-mes le sont toujours, sous l’influence du moment présent, ilrepoussait l’hérédité, parce qu’il avait vu les esprits peu dis-posés à l’adopter, et que, revêtu d’ailleurs d’un pouvoir toutà fait monarchique, il se contentait de la réalité sans le titre.A en juger par ses paroles, il avait franchement pris son partià cet égard.

Il y eut ensuite des réclamations contre l’institution du Con-seil privé, dans l’intérêt du Conseil d’État, qui se trouvait unpeu diminué par cette institution. Ici le Premier Consul laissavoir un certain embarras, envers un corps qu’il avait jusque-là traité avec une prédilection si marquée, et qu’il semblaitdépouiller d’une partie de son importance. Il dit que le Con-seil privé n’était institué que pour de cas fort rares, qui exi-geaient un secret rigoureux, impossible dans une réunion dequarante ou cinquante personnes; que du reste le Conseild’État conserverait toujours la même importance, et la con-naissance des grandes affaires.

Après quelques modifications de détail, le sénatus-consulte

Août 1602-