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LIVRE XIV.
Août 1802. on perdait avec M. Fouché une connaissance des hommes,et des relations avec les partis, que lui seul possédait au mômedegré. Ce sacrifice précipité aux idées du jour était irréfléchi,et eut, comme on le verra bientôt, des conséquences regretta-bles. Cependant on ne voulait pas que le ministre Fouché parûtdisgracié. On lui réserva une place au Sénat, ainsi qu’à M. Abrial.M. Fouché, dans l’acte qui le nommait sénateur, obtint unemention flatteuse de ses services. Il fut môme dit dans cetacte, que, si les besoins du temps faisaient renaître l’institu-tion aujourd’hui supprimée, c’est M. Fouché qu’on irait cher-cher sur les bancs du Sénat, pour faire un ministre de la po-lice. On apporta encore quelques autres changements au per-sonnel du gouvernement. M. Rœderer, qui s’entendait peuavec le ministre de l’intérieur, Chaptal, relativement aux af-faires de l’instruction publique dont il était chargé, céda cettedirection au savant Fourcroy, et reçut, comme MM. Fouché etAbrial, le dédommagement d’un siège au Sénat. Le PremierConsul nomma encore sénateur le respectable archevêque de Pa-ris, M. deBelloy. En agissant de la sorte, il n’entendait pas don-ner une influence au clergé sur les affaires politiques ; mais ilvoulait que les grands intérêts sociaux fussent représentés auSénat, l’intérêt de la religion comme tous les autres.
Le 15 août eéié- Le 1 b août (27 thermidor) fut célébré pour la première foisanniversaire comme jour anniversaire de la naissance du Premier Consul.
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<lu , C’était l’introduction progressive des usages monarchiques,
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qui font de la fête du souverain une fête nationale. Le matinde ce jour, le Premier Consul reçut le Sénat, le Tribunat, leConseil d’État ; le clergé, les autorités civiles et militaires dela capitale, le corps diplomatique, venant le féliciter du bon-heur public et de son bonheur privé. A midi, un Te Deumfut chanté à l’église Notre-Dame, et dans toutes les églises dela République. Le soir, des illuminations brillantes représen-tèrent dans Paris, ici la figure de la Victoire, ailleurs celle dela Paix, plus loin enfin, et sur l’une des tours de Notre-Dame,