CONSULAT A VIE.
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avoir autour de lui des collègues heureux de sa propre éléva-tion. Il y avait réussi. Un seul personnage du temps sortaitassez maltraité de cette crise, si favorable à la grandeur detout le monde, c’était M. Fouché, ministre de la police. Soitque son avis personnel à l’égard des projets de la famille Bo-naparte eût percé, soit que les efforts tentés pour le desservirauprès du maître eussent réussi, ou, ce qui est plus probable,(jue le Premier Consul voulût ajouter à tous ses actes récentsde clémence et de conciliation, une mesure qui eût encoreplus que les autres le caractère de la confiance et de l’oubli,le ministère de la police fut supprimé.
Ce ministère, comme nous l’avons dit ailleurs, avait alorsune importance qu’il n’aura jamais dans un régime régulier,grâce au pouvoir arbitraire dont le gouvernement était investi,grâce aux fonds dont il disposait sans contrôle. Émigrés,rentrés ou rentrants, Vendéens, républicains, prêtres non ral-liés, il avait à surveiller tous ces agents de trouble, et le fai-sait sans faiblesse. Aussi ce ministère, quoique exercé avectact, et beaucoup d’indulgence, par M. Fouché, était-il devenuodieux aux partis qu’il contenait. Le Premier Consul le sup-prima, et se contenta de faire de la police une simple directiongénérale, attachée au ministère de la justice. Le conseillerd’État Réal fut chargé de cette direction. L’administration dela justice fut enlevée à M. Àbrial, homme sage, appliqué à sesdevoirs, mais dont le travail lent et pénible était peu agréableau Premier Consul. Elle fut donnée à M. Régnier, depuis ducde Massa, magistrat instruit, disert, ayant inspiré de la con-fiance et du goût au chef qui disposait de toutes les existences.M. Régnier reçut avec l’administration de la justice le titre deGrand-Juge, titre nouvellement créé par le sénatus-consulte or-ganique. La nature de son esprit le rendait peu propre à dirigerM. Réal dans les difficiles investigations de la police ; aussi M. Réal,travaillant directement avec le Premier Consul, devint-il à peuprès indépendant du ministre de la justice. Malheureusement,
Août J.802.
Suppressiondu ministèrede la poiiee.