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[Vol. 2.]
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LIVRE XIV.

Août 1802. Celle-là finie, le monde semblait en repos pour long-temps.En publiant dans ce rapport au Sénat les vues de la France,le Premier Consul annonçait à l’Europe ses idées sur cet im-portant sujet, ou, pour mieux dire, lui intimait ses volontés:car on savait bien qu’il n’était pas homme à revenir d’une ré-solution aussi publiquement annoncée. La lecture de ce rap-port terminée, il se retira, laissant au Sénat le soin d’exami-ner les cinq sénatus-consultes organiques qui venaient de luiêtre soumis.

Accompagné de nouveau par les dix sénateurs qui l’avaientreçu à son arrivée, et accueilli sur son passage par les accla-mations du peuple de Paris, le Premier Consul rentra aupalais des Tuileries comme un monarque constitutionnel quivient de tenir une séance royale.

,e l’remier Con On était fort avancé dans l’été, car on touchait à la fin

ul va s'établir

à Saint ciuuti. d’août. Le Premier Consul alla prendre possession du châteaude Saint-Cloud, qu’il avait d’abord refusé, quand on le luiavait olfert comme habitation de campagne. Revenu de cettepremière détermination, il y avait ordonné des réparations,qui, peu considérables en commençant, avaient fini bientôt parembrasser le château tout entier. Elles avaient été récemmentachevées. Le Premier Consul en profita pour aller s’établirdans cette belle résidence. Il y recevait, à des jours choisis,les hauts fonctionnaires, les grands personnages de toutes lesclasses, les étrangers, les ambassadeurs. Le dimanche, on ydisait la messe à la chapelle, et les opposants au Concordatcommençaient à y assister, comme autrefois on assistait à lamesse à Versailles. Le Premier Consul, accompagné de safemme, entendait une messe fort courte, et puis s’entretenait,dans la galerie du château, avec ceux qui lui avaient fait vi-site. Les assistants, rangés sur deux lignes, attendaient, re-cherchaient scs paroles, comme on recherche celles de laroyauté ou celles du génie. Dans ce cercle on ne voyait, onne regardait que lui. Aucun potentat sur la terre n’a obtenu,