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L1VRK XV.
Aoiit 1802. rite du gouvernement à celui des armes, il avait mis le sceauà sa gloire. Ce qui paraîtra plus singulier encore, la célèbrereine de Naples, Caroline, mère de l’impératrice d’Autriche,ennemie ardente de la Révolution et de la France, la reine deNaples, se trouvant à Vienne, çt recevant M. de Champagny,le chargea des félicitations les plus inattendues pour le chefde freine ^publique. — Le général Bonaparte, lui dit-elle, estde 5 le! 1111 grand homme. Il m’a fait beaucoup de mal, mais le malle consuif r qu’il m’a fait ne m’empêche pas de reconnaître son génie. Encomprimant le désordre chez vous, il nous a rendu serviceà tous. S’il est arrivé à gouverner son pays, c’est qu’il en estle plus digne. Je le propose tous les jours pour modèle auxjeunes princes de la famille impériale ; je les exhorte à étudierce personnage extraordinaire, pour apprendre de lui com-ment on dirige les nations, comment, à force de génie et degloire, on leur rend supportable le joug de l’autorité. —Certes, aucun suffrage ne devait flatter le Premier Consulautant que celui de celte reine ennemie et vaincue, remar-quable par son esprit autant que par la vivacité de ses pas-sions. Le Saint-Père, qui venait de terminer en commun avecle Premier Consul la grande œuvre du rétablissement descultes, et qui, malgré beaucoup de contrariétés, attendaitde cette œuvre la gloire de son règne, le Saint-Père se ré-jouissait de voir monter peu à peu vers le trône un homme(ju’il regardait comme l’appui le plus solide de la religioncontre les préjugés irréligieux du siècle. 11 lui exprima soncontentement avec une affection toute paternelle. L’Espagneenfin, que la politique légère et décousue du favori avait unmoment éloignée de la France, ne resta pas silencieuse encette occasion, et se montra satisfaite d’un événement qu’elles’accordait avec les autres cours à regarder comme heureuxpour l’Europe entière.
Ce fut donc aux applaudissements du monde que ce répa-rateur de tant de maux, cet auteur de tant de biens, se saisit